Église catholique pendant la
Seconde Guerre mondiale .
Le pontificat de Pie XII commence le 2 mars 1939 et son couronnement
a lieu le 12 mars dans la basilique
Saint-Pierre, soit trois jours avant l'invasion de Prague par les armées nazies. Quelques mois plus tard, éclate la Seconde Guerre mondiale.
L'attitude du cardinal Pacelli vis-à-vis du Troisième Reich et de la persécution des Juifs est alors de
notoriété publique. En effet, à peine deux ans auparavant, il avait participé à la rédaction de l'encyclique Mit brennender Sorge (avec un souci brûlant) publiée le 14 mars 1937 et qui condamnait fermement le nazisme. En mai 1938, Pie XI et son secrétaire d'état s'étaient absentés ostensiblement du Vatican lors de
la visite d'Hitler.
Non seulement ce texte, qui donne la position officielle de l'Église, condamnait irrévocablement la doctrine national-socialiste, et en particulier ses fondements racistes, mais le 6 septembre 1938 Pie XI, avait pris spécialement position contre la législation antisémite italienne,
en déclarant à un groupe de pèlerins : « Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites. » . Il avait également ordonné aux universités catholiques d'organiser un
enseignement contre l'antisémitisme et le racisme.
Bien que les archives vaticanes de cette période n'aient été publiées qu'en partie (les onze volumes des Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale), on
peut retracer les actions de Pie XII de 1939 à 1945.
Le Vatican, cerné par l'État mussolinien (et créé par ce dernier aux termes des accords du Latran entre Pie XI et Mussolini), voit ses moyens d'action se réduire sans cesse. Pendant toute la durée de la guerre,
l'administration papale sera surveillée par la police italienne, puis par la police allemande d'occupation. Les valises diplomatiques sont fréquemment fouillées ; les lignes téléphoniques
sont mises sur écoute ; l'Osservatore Romano est censuré. Les allées et venues des diplomates et journalistes sont en outre étroitement surveillées. Il ne reste donc à Pie XII que
Radio Vatican pour se faire entendre. Mais comme celle de Londres, cette radio sera vite brouillée en représaille aux prises de positions contre les invasions nazies.
Chronologie des événements [modifier]
Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, le 15 mars 1939, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès.
Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20
octobre 1939), Pie XII se dresse contre les différentes formes de racisme, dénonçant « l'oubli de cette loi de solidarité
humaine et de charité, dictée et imposée aussi bien par la communauté d'origine et par l'égalité de la nature raisonnable chez tous les hommes, à quelque peuple qu'ils
appartiennent. »[30]
Il y déclare aussi sa compassion avec la Pologne, et dénonce : « l'esprit de la violence et de la discorde verse sur
l'humanité la sanglante coupe de douleurs sans nom. » En affirmant dans cette encyclique que « la Pologne a droit à la sympathie humaine et fraternelle du monde, et attend, confiante
dans la puissante intercession de Marie Auxilium Christianorum, l'heure d'une résurrection en accord avec les principes de la justice et de la vraie paix », il suscite une réaction très vive
des Nazis qui y voient une condamnation de l'invasion. Mais il surenchérit dans son message de Noël 1939 : « Nous avons dû, hélas ! assister à une série d’actes inconciliables
aussi bien avec les prescriptions du droit international qu’avec les principes du droit naturel et même les sentiments les plus élémentaires d’humanité. Ces actes exécutés au mépris de la
dignité, de la liberté, de la vie humaine crient vengeance devant Dieu. » [31] La réaction des Nazis est alors si
violente que les évêques du pays supplient le pape de ne plus s'indigner de cette façon.[réf. nécessaire]
Il dénonce alors à nouveau le « culte de l'État » dans « les dictatures », dans la filiation de Mit Brennender Sorge. Il ne nomme ni Hitler ni Staline, et ce premier « silence » lui sera reproché[32]. Dans un numéro spécial de L'Osservatore Romano du 13 décembre 1981, Michele Maccarrone écrit : « Il est vrai
que Pie XII, accusé d'être un pape diplomate, n'a pas pratiqué la grande diplomatie. Il ne s'est pas adressé aux belligérants pour exiger la fin des combats [...], il n'a pas
excommunié, il n'a pas prononcé de condamnation solennelle à l'encontre des crimes et des criminels nazis. »
Le 26 décembre 1939, Pie XII condamne l'agression de la Finlande par l'Union soviétique[33] (alors que l'Allemagne et l'Union soviétique sont déjà alliés par la signature du pacte germano-soviétique Ribbentrop-Molotov du
23 août 1939).
Le 18 janvier 1940, après la mort de 15000 civils polonais, Pie XII déclare dans une adresse radiophonique que « l'horreur et les abus inexcusables commis contre un peuple sans défense sont
établis par le témoignage indiscutable de témoins oculaires[34] ».
Le 4 mai 1940, le Vatican prévient la Hollande que l'Allemagne va l'attaquer le 10.
Après l'invasion de la Hollande et de la Belgique par les Allemands, le pape envoie un message de sympathie à la reine
Wilhelmine des Pays-Bas, au roi Léopold III de Belgique et à la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, en ne faisant mention que des malheurs qui accablent ces pays, sans jamais utiliser le terme
« Invasion » et sans jamais ni dénoncer ni condamner directement l'envahisseur, pour limiter les représailles des Nazis. Mais quand Mussolini apprend l'existence de ces messages, il accuse le pape de prendre parti contre les alliés des Italiens et proteste officiellement auprès du
Saint-Siège. Le ministre des Affaires étrangères du régime fasciste déclarera que « Pie XII était prêt à être déporté plutôt que de trahir sa conscience[35] ».
Au printemps 1940, un groupe de généraux allemands désireux de renverser Hitler et de faire la paix avec les Anglais approche Pie XII[36].
Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des nazis et demandant de l'aide (plus qu'une déclaration publique qui ne ferait qu'aggraver les choses), il réplique par la voix de Mgr
Tardini :
« Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques
semblent imposer de s'abstenir. »
Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :
« Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur
et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des
limites dans nos déclarations. »
Au printemps 1940, le cardinal secrétaire d'État Luigi Maglione reçoit une demande du Grand Rabbin de la Palestine mandataire Isaac Herzog afin que le pape intercède
en faveur des juifs lituaniens déportés par les Allemands[37]. Pie XII appelle Ribbentrop le 11 mars et proteste énergiquement contre le traitement des juifs[38],[39].
À cette date, il semble clair que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique. [40]. En 1941, le cardinal Theodor Innitzer
informe le pape sur les déportations commises à Vienne[41].
En 1941, l'ambassadeur de l’État français au Vatican, Léon Bérard, s'inquiète de l'avis du Vatican sur le statut des juifs promulgué par le régime de Vichy. Le secrétariat d'État du Vatican confirme que la législation ne s'oppose pas à
l'enseignement de l’Église[42]. Le nonce apostolique en France Valerio Valeri, « embarrassé » par ce blanc-seing pontifical accordé à la politique juive du régime de Vichy, vérifie l'information
auprès du Vatican. Le secrétaire d'État Maglione confirme que c'est bien la position du Saint-Siège[43],[44],[45]. Mais dès 1942, le pape Pie XII fait officiellement savoir au maréchal Pétain par son nonce en France, Mgr Valerio
Valeri, que le Saint-Siège désapprouve totalement les mesures prises par Vichy à l'encontre des Juifs.[46]
En septembre 1941 en outre, Pie XII s'oppose au code juif slovaque[47], qui, à l'opposé du statut des juifs français,
interdit le mariage mixte[48].
En avril 1941, Pie XII accorde une audience à Ante Pavelić, nouveau dictateur de Croatie. Une note du Foreign office britannique sur le sujet décrit Pie XII comme « le plus grand couard de l'époque[49] ». Cependant, le Vatican ne reconnaîtra pas le régime croate. Il ne condamnera jamais publiquement les conversions forcées
de Serbes par les Croates. Il le fera dans une mémorandum confidentiel daté du 25 janvier 1942 et adressé à la légation
yougoslave.[50],[51]
En octobre 1941, Harold Tittman, délégué américain au Vatican demande au pape de condamner les atrocités commises contre les juifs ; la réponse du pape fait état de son souhait de rester
« neutre[52] », réitérant par là la position du Vatican exprimée dès septembre 1940.[53]
Mais Pie XII condamnera néanmoins par la suite à travers son message radiodiffusé de Noël 1941 « l'oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des
minorités nationales » ainsi que « l'entrave et le resserrement de leurs capacités naturelles » avec « la limitation ou l'abolition de leur fécondité
naturelle »[54].
En 1941, Pie XII déclare que la condamnation du communisme exprimée dans Divini Redemptoris par Pie XI n'interdisait pas
les catholiques américains de soutenir le prêt-bail accordé par les États-Unis à l'URSS, et soutenir ainsi sa lutte contre
le Reich (puisqu'elle n'est plus l'alliée d'Hitler depuis que celui-ci a tenté d'envahir l'URSS le 22 juin 1941). [55]
En mars 1942, Pie XII établit des relations diplomatiques avec l'Empire du Japon, puis avec la Chine nationaliste.
En mai 1942, l'ambassadeur polonais Kasimierz Papée s'étonne que le pape ne condamne pas les atrocités commises en Pologne.
En mars 1942, le chargé d'affaire slovaque apprend à Pie XII que le gouvernement slovaque planifie la déportation de 80 000
juifs en Pologne[56]. Le Vatican proteste auprès du gouvernement slovaque en « déplorant ces mesures qui
enfreignent le droit des gens, du seul fait de leur race[57] ».
Le 18 septembre 1942, le pape reçoit une lettre de Monseigneur Montini (futur pape Paul VI) disant que « les massacres
prennent des proportions effrayantes[58] ».
En septembre 1942, Myron Taylor, représentant des États-Unis à Rome, et ses homologues anglais, brésilien, uruguayen,
belge et polonais préviennent que le « prestige moral » du Vatican est sévèrement compromis par sa passivité face aux atrocités[59], à quoi le cardinal Maglione répond que les rumeurs ne sont pas vérifiées.
Les représentants des puissances alliées, à l'appui de leur demande, font parvenir au Vatican le rapport qui leur est parvenu du bureau de Genève de l'Agence juive pour la Palestine.
Le 17 décembre 1942, toutes les nations alliées, condamnent
officiellement l'extermination des juifs par les nazis et annoncent que les responsables n'échapperont pas au châtiment[60].
Le 24 décembre 1942, dans son message de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque « les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur
nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif »[61] et appelle à la
paix.
Le 25 décembre 1942, le New York Times publie un éditorial dans lequel il est écrit : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe
ce Noël... Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix[62]. »
Juste après Noël 1942, le représentant américain auprès du Vatican fait remarquer au Pape que le message papal de Noël 1942 ne pouvait répondre aux attentes. Le pape lui répond que, d'une part,
« il n'aurait pu, en parlant de ces atrocités, mentionner les nazis sans mentionner également les bolchéviques et, qu'à son avis, cela n'aurait sans doute pas plu aux Alliés. ... et que,
d'autre part, « les récits des atrocités sont certes fondés, tout en m'indiquant par son attitude qu'à ses yeux, il y avait quelque peu d'exagération, voulue à des fins de
propagande »[63].
En décembre 1942, Tittmann suggère à Mgr Maglione de faire une déclaration similaire à la déclaration alliée German Policy of Extermination of the Jewish Race. Mgr
Maglione lui répond que le Vatican « ne peut dénoncer publiquement des atrocités particulières[64] ». Le même
Harold Tittmann écrira dans ses Mémoires, publiés par son fils en 2004 : « Je ne peux m'empêcher de penser qu'en évitant de parler, le Saint Père a fait le bon choix ; il
a ainsi sauvé bien des vies.[65] »
Le 2 juin 1943, dans un discours devant le collège des cardinaux, Pie XII exprime sa sollicitude envers ceux qui, à cause de leur nationalité ou de leur race, sont « livrés à des mesures
d'extermination » dont il voudrait fustiger toute l'ignominie par le détail et en des termes plus forts, ainsi qu'il ressort des 124 lettres écrites aux évêques allemands pendant la
guerre. Il fait cependant remarquer que « toute parole de notre part à l'autorité compétente, toute allusion publique doivent être sérieusement pesées et mesurées, dans l'intérêt même
des victimes, afin de ne pas rendre leur situation plus grave et plus insupportable ». Les évêques hollandais en avaient fait l'expérience lorsque, en juillet 1942, ils avaient protesté
contre la persécution des Juifs : aussitôt les Nazis ont organisé une fouille minutieuse des monastères et des couvents, menant à une rafle des très nombreux Juifs cachés là, dont Edith Stein[66].
Le même jour, le pape ose une sortie sur la question polonaise : « le sort tragique du peuple polonais… le silencieux héroïsme de ses souffrances et sa place future dans une Europe
refaite sur des bases chrétiennes et dans une assemblée d’États exempte des erreurs et des égarements du passé. » Ce texte est reçu avec ferveur par les Polonais, notamment par le
cardinal Sapieha, archevêque de Cracovie, qui n’en demande pas plus par peur des représailles.
Le 26 juin 1943, Radio Vatican déclare que « Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements
de Dieu. La paix dans le monde, l'ordre et la justice seront toujours compromis tant que les hommes pratiqueront des discriminations entre les membres de la famille
humaine. »[67] C'est une excommunication en règle. Le New York Times cite et acte ce message dans son
tirage du jour suivant.
C'est ainsi encore que, devant les atrocités toujours plus nombreuses commises par la Gestapo et les S.S., le pape Pie XII laisse l'Osservatore Romano exprimer l'indignation universelle dans son
numéro du 25 octobre 1943. Aussitôt les Allemands font saisir le journal dans les kiosques et menacent de reprendre les perquisitions dans les monastères pour y débusquer les Juifs cachés.
En septembre 1943, suite à l'occupation allemande de l'Italie du Nord, l'Église accorde le refuge à 477 Juifs à l'intérieur du Vatican et à 4 238 autres dans des monastères et couvents des
environs[68].
Pie XII parle, mais surtout il agit. Fin 1943, le commandant des S.S. de Rome ordonne au chef de la communauté israélite de fournir 50 kg d'or dans les 24 heures sous peine de déportation
immédiate de 200 autres Juifs (une grande rafle ayant déjà eu lieu le 16 octobre 1943). La collecte n'ayant réuni que 35 kg d'or, le grand rabbin de Rome reçoit du pape Pie XII les
15 kg manquants, réunis grâce à une collecte auprès des catholiques de Rome [69].
Pie XII n'avait pas attendu ce jour-là pour agir en faveur des Juifs. Il organisait, avec l'aide du clergé de Rome et des autres pays européens et d'Amérique latine (notamment la République dominicaine du général Trujillo), des réseaux pour faire échapper les Juifs aux griffes des Nazis. Par diverses filières, ils pouvaient
ensuite gagner des pays neutres ou faisant partie de la conférence des Alliés [70].
En mars 1944, par son nonce apostolique à Budapest, Angelo Rotta, le Vatican unit sa voix à celle du Roi Gustave V de Suède, de la Croix-Rouge, des États-Unis et de Grande-Bretagne pour
protester contre les exactions contre les juifs hongrois[71] Pie XII envoie un télégramme le 25 juin au régent Miklós Horthy, lui demandant d'épargner les populations qui souffrent « en raison de leur origine nationale ou raciale »
[72]. Les déportations cessent le 8 juillet 1944[73].
Fin août 1944, Pie XII lance un appel aux Londoniens et aux Anglais "pour les inviter au pardon des injures et leur demander de ne pas se venger de l'Allemagne des maux que celle-ci leur a
infligés". » Le Times publie de nombreuses lettres de protestation[74].
Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés vient, au nom de la United Jewish Appeal (organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial), exprimer à Pie XII la reconnaissance des Juifs
pour son action en leur faveur.
La conversion du grand rabbin de Rome [modifier]
Le grand rabbin de Rome, Israel Zolli, se convertit à la religion catholique et entre dans l’Église avec sa femme et
sa fille, le 13 février 1945, en choisissant pour prénom de baptême Eugenio, c’est-à-dire le propre prénom du pape. Il désire ainsi manifester l’importance qu’a eu le pape dans sa conversion, à
commencer par son exemple de charité auprès des Juifs. Après sa conversion, on lui a souvent demandé s'il s'était converti par gratitude envers le pape Pie XII. Il a toujours répondu
négativement, ajoutant toutefois: « On pourrait dire du règne de Pie XII qu'il est inspiré par les paroles du prophète Isaïe : « La paix est l'harmonie, la paix est le salut pour ceux qui sont proches comme pour ceux qui sont loin, je veux tous les
guérir » (Is. 57, 19). L'Église catholique aime toutes les âmes. Elle souffre avec tous et pour tous ; elle attend avec amour tous ses enfants sur le seuil sacré de Pierre, et
ses enfants sont tous les hommes… Il n'existe pas de lieu de souffrances que l'esprit d'amour de Pie XII n'ait atteint… Au cours de l'histoire, aucun héros n'a commandé une telle armée. Aucune
force militaire n'a été plus combattante, aucune n'a été plus combattue, aucune n'a été plus héroïque que celle menée par Pie XII au nom de la charité chrétienne. »[75]
Le bilan de l'action du pape Pie XII durant la guerre [modifier]
Plusieurs auteurs[réf. nécessaire] ont accusé Pie XII, et plus généralement l'Église catholique, de
complicité avec les opérations d'extermination des Juifs par antisémitisme.
Les ouvrages de Léon Poliakov [modifier]
Le premier historien à se pencher sur l'attitude du pape durant la Seconde Guerre mondiale est Léon Poliakov, auteur de
divers travaux sur l'histoire de l'antisémitisme. Selon lui, des sources disponibles tendent à accréditer la
thèse d'une indécision oscillant entre une opposition prudente et discrète, une neutralité gênée et un double-jeu à
la limite de la complicité passive qui tranche pour le moins avec l'opposition nette au régime communiste au pouvoir en
Union soviétique. Il ajoute que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue
très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique et des gouvernements alliés et que les condamnations publiques ont été très mesurées[76].
On mentionnera en particulier son ouvrage Bréviaire de la haine. Le IIIe Reich et les Juifs, dans la préface duquel François Mauriac se désole déjà du silence gardé par le successeur de Pierre durant les sombres années du nazisme[77]. Le Bréviaire de la haine paraît en 1951 ; il a été réédité plusieurs fois, dont la dernière en 1993.
« Empressons nous de dire que, face à la terreur hitlérienne, les Églises déployèrent sur le plan de l'action humanitaire immédiate, une action inlassable et inoubliable, avec l'approbation
ou sous l'impulsion du Vatican » note dans le Bréviaire de la haine Léon Poliakov, témoin direct de ces évènements tragiques.
Il poursuit cependant : « L'immensité des intérêts dont le Saint Père avait la charge, les puissants moyens de chantage dont disposaient les Nazis à l'échelle de l'église universelle, contribuaient sans doute à l'empêcher de prononcer en personne cette protestation solennelle et publique qui,
cependant, était ardemment attendue par les persécutés. Il est pénible de constater que tout le long de la guerre, tandis que les usines de la mort tournaient tous fours allumés, la papauté
gardait le silence. Il faut toutefois reconnaître qu'ainsi que l'expérience l'a montré à l'échelle locale, des protestations publiques pouvaient être immédiatement suivies de sanctions
impitoyables [...] Qu'aurait été l'effet d'une condamnation solennelle prononcée par l'autorité suprême du catholicisme ? La portée de principe d'une attitude intransigeante en la matière
aurait été immense. Quant à ses conséquences pratiques, immédiates et précises, tant pour les œuvres et institutions de l'Église catholique que pour les Juifs eux-mêmes, c'est une question sur
laquelle il est plus hasardeux de se prononcer ».[78]
Les travaux de Pinchas Lapide [modifier]
Selon l'historien israélien Pinchas Lapide, l'Église catholique a pu, par son action charitable, sauver d'une mort certaine
environ 850 000 Juifs habitant les territoires occupés par le Troisième Reich[83]. Ce chiffre étonnant à première vue s'explique par le fait que Lapide considère en réalité que tous les Juifs qui ont survécu à
l'Holocauste l'ont été par la charité chrétienne (des paroissiens, des religieux ou du pape). Il a donc retiré du nombre total de rescapés ceux qui l'ont été dans les terres orthodoxes, ainsi que
les « revendications » protestantes, comme il les appelle, pour arriver à ce chiffre ; le 13
décembre 1963, Pinchas Lapide avait pourtant affirmé dans un article du Monde que ce chiffre était de 150 000 à 400 000[84].
Les ouvrages de Saul Friedländer [modifier]
Les recherches de Léon Poliakov seront systématisées et approfondies par Saul Friedländer, qui lancera
véritablement le mouvement des travaux de recherche historique sur la papauté durant le nazisme. Son ouvrage paru en 1964 aux éditions du Seuil, Pie XII et le IIIe Reich, va
en particulier « confirmer scientifiquement les thèses de Hochhuth[85] ».
Dans son ouvrage en deux tomes L'Allemagne nazie et les Juifs[86], Saul Friedländer examine une nouvelle fois
l'attitude de Pie XII face au IIIe Reich. Se demandant pourquoi Hitler n'a pas reculé dans ses plans d'extermination du peuple juif comme il l'avait fait pour l'élimination des
« aliénés », S. Friedländer trouve « une seule réponse vraisemblable : Hitler et ses acolytes devaient être convaincus que le pape ne protesterait pas[87]. »
Dès le début de 1943, plusieurs rapports provenant de Rome confirmaient Berlin dans cette certitude : l'entretien de l'ambassadeur Bergen au cours duquel le pape s'engage à ne pas se mêler
des actions allemandes sauf si des mesures étaient prises qui « le forceraient à parler pour remplir les obligations de sa charge » — tout en indiquant qu'il tolérerait quelques
débordements qui seraient réglés après la fin de la guerre[88], motivé par sa crainte d'affaiblir l'Allemagne dans sa
lutte contre le bolchévisme. En février-mars 1943, dans son journal intime, le ministre nazi de la propagande,
Goebbels, identifie à trois reprises cette opposition entre nazisme et bolchévisme comme un atout dont son gouvernement doit
se servir dans ses rapports avec la Curie[89]. Le 5 juillet 1943, à son arrivée au Vatican, le nouvel ambassadeur
allemand Weizsäcker confirme les appréciations antérieures parvenues à Berlin : le pape lui réitère « son affection pour l'Allemagne et le peuple allemand, [...] parle de son expérience
avec les communistes à Munich en 1919 [...] et condamne la formule absurde [des États-Unis] de « reddition sans condition » exigée [de l'Allemagne]. L'ambassadeur voit dans le discours
du pape, selon ses propres mots, "la forme d'une reconnaissance des intérêts communs avec le Reich au moment où a été évoqué le combat contre le bolchévisme"[90]. »
Après la chute de Mussolini le 23 juillet 1943 et l'arrivée consécutive des troupes allemandes en Italie, la peur du communisme grandit au Vatican : le risque était là en effet que
la résistance communiste prenne de l'ampleur et gagne en popularité puisqu'elle s'opposait désormais à des forces d'occupation étrangères. Weizsäcker informe ses supérieurs qu'il a eu
connaissance de trois notes datée du jour de la chute de Mussolini et émanant de la curie, dans lesquelles le cardinal Maglione assure que « l'avenir de l'Europe dépend d'une résistance
victorieuse de l'Allemagne sur le front russe. L'armée
allemande est le seul rempart possible contre le bolchévisme. Si celui-ci s'écroule, le sort de la culture européenne est scellé[91]. » Concernant
précisément Pie XII, l'ambassadeur allemand note le 3 septembre qu'un diplomate bien introduit dans la Curie lui a affirmé que « le pape condamnait tous les plans qui visaient à un
affaiblissement du Reich. Un membre de la Curie dit que, de l'avis du pape, une Allemagne forte était absolument essentielle pour l'Église catholique[92]. »
À Berlin même, les échos venant de la hiérarchie vaticane sont similaires lorsque, au cours d'un entretien avec le secrétaire d'État allemand Gustav Adolf Steengracht von Moyland, le nonce
Orsenigo se met à disserter de son propre chef sur la menace que le communisme fait peser sur le monde et sur le fait que seuls le Vatican au plan spirituel et l'Allemagne au plan matériel
peuvent la contrer efficacement[92].
Ces messages constamment répétés, même s'ils sont un peu embellis par les émissaires allemands, conduisent Goebbels et
Hitler, au cours d'une discussion qu'ils ont le 7 août
1943, à considérer que Pie XII, bien que véritable Italien et Romain, peut « être considéré à coup sûr comme un bon ami de
l'Allemagne » où il a passé quatorze ans, et qu'il est clair qu'il préfère le national-socialisme au bolchévisme. « En tout cas, il n'a pas tenu de propos malveillants contre le
fascisme ni contre Mussolini[93]. »
Le pape face au communisme (1945-58) [modifier]
Au début de la guerre, les puissances de l'Axe tentent de lever le drapeau de la croisade contre l'URSS pour légitimer leur action. Mgr Tardini répond que « la croix gammée
n'[était] pas précisément celle de la croisade. » En septembre 1944, à la demande de Myron Taylor, il rassure les catholiques
américains, inquiets de l'alliance de leur pays avec les Soviétiques.
La fin de la guerre permet la pénétration du communisme en Europe de l'Est. Les rapports, inexistants durant
la guerre, empirent. Les gouvernements liés à Moscou font fermer peu à peu les représentations du Saint-Siège. En 1952, le maréchal
Tito rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. L'arrestation brutale en 1948 du
prince-primat de Hongrie, le cardinal Mindszenty, archevêque d'Esztergom, symbolise la tension entre les
régimes communistes et l'Église catholique romaine. De même, Mgr Stepinac, archevêque de
Zagreb et primat de Yougoslavie, subit l'emprisonnement
et la torture. Mgr Beran, archevêque de
Prague, se voit interdire d'exercer son ministère. Les Églises catholiques de rite byzantin d'Ukraine et de Roumanie sont incorporées de force dans des Églises indépendantes. Les gouvernements communistes accusent en effet le pape d'être le « chapelain
de l'Occident ».
Le 1er juillet 1949, le Saint-Office excommunie globalement les catholique adeptes ou militants du communisme. En effet, l'idéologie communiste qui s'était toujours déclarée athée,
matérialiste et anticléricale, avait fait l'objet d'une condamnation officielle en 1937 par l'encyclique Divini Redemptoris, quelques jours après la
condamnation par une autre encyclique de l'idéologie national-socialiste. Pie XII fait allusion à cette
décision dans son discours de béatification d'Innocent XI, affirmant sa mission de « défense de la chrétienté ».
Les deux parties se crispent dans des attitudes d'opposition. Quelques exceptions voient le jour en Europe de l'Est. Ainsi, en Pologne, le primat, Mgr Wyszynski, signe le 12 janvier
1950 un accord garantissant quelques libertés à l'Église catholique polonaise, en échange de son soutien dans la politique de défense des frontières. Le Vatican se montre réservé face à cet
accord. Trois ans plus tard, en automne 1953, Mgr Wyszynski est arrêté, avec de nombreux autres hommes d'Église, par le gouvernement polonais pour avoir soutenu une vague de
protestations populaires qui secouaient alors le pays.
Par ailleurs, il aide la dictature argentine à enterrer clandestinement, en 1955, le corps d'Eva Perón à Milan [95].
En Chine, dès l'arrivée des communistes au pouvoir en 1949, les catholiques sont inquiétés par le gouvernement qui leur refuse toute
relation avec le Vatican, considéré comme uen forme de « domination étrangère ». De nombreuses arrestations ont lieu, notamment en 1955, où plusieurs centaines de personnes sont
arrêtées avec l'évêque de Shanghaï, Kung, qui passera 30 années en prison. La rupture est consommée en 1957 quand le pouvoir chinois fonde une association nationale,
l'Association catholique patriotique de Chine. Les catholiques chinois
fidèles au pape doivent entrer dans une forme de clandestinité.
Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gandolfo, résidence d'été des papes.
Jean XXIII lui succède.
-
voir le
journal du 8 octobre 1958, l'instant de son décès
-
et celui
du 15 octobre 1958, 11 jours avant l'élection de Jean XXIII
La polémique autour des « silences de Pie XII » [modifier]
Une pièce de théâtre lance la polémique publique [modifier]
Pie
XII accueille des pèlerins
Pie XII reçoit en
audience privée une délégation brésilienne (1954)
L'attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale est l'objet d'une polémique ardente
depuis des décennies. Les critiques du pape lui reprochent de s'être insuffisamment engagé contre le nazisme et l'antisémitisme, voire d'avoir cautionné par son « silence » les agissements nazis.
Cette polémique est arrivée sur la place publique avec la présentation de la pièce de théâtre Le Vicaire, œuvre
du dramaturge allemand Rolf Hochhuth[96],[97], qui a été produite pour la première
fois en Allemagne en 1963. Les thèses défendues par l'auteur[98] portent avant tout sur le fait que le pape aurait pu en
faire plus. Jusqu'alors, l'image du pape était relativement préservée mais la pièce a largement contribué à retourner l'opinion publique.
La pièce connut en effet un grand succès international, fut traduite en 20 langues, souleva d'innombrables questions auxquelles le Vatican répondit en annonçant qu'il fallait attendre l'ouverture
des archives après cinquante ans.
En 2002, le film Amen., du réalisateur gréco-français Costa-Gavras, directement inspiré du Vicaire, relançait le débat.
Cinq ans plus tard, un officier de la DIE (services d'espionnage roumains) passé à l'Ouest en 1978 et recruté par la CIA américaine, Ion Mihai Pacepa, affirme que
le général soviétique Ivan Agayants, chef du service de désinformation du KGB, aurait conçu en 1963 un plan contre Pie XII. L'idée était
de produire une pièce de théâtre s'appuyant sur de prétendues archives. L'auteur officiel, Rolf Hochhuth, aurait donc juste repris pour Le Vicaire un script inventé par Agayants sur la base de documents envoyés à Moscou par les renseignements roumains (qui auraient réussi à infiltrer
les archives du Vatican en 1960 et 1962)[99] et ne se serait pas inspiré du témoignage de Kurt Gerstein, pourtant personnage central de l'œuvre.
Si le Vatican estime que l'écriture du Vicaire a fortement été influencée par son premier metteur en scène, Erwin Piscator, et plus généralement « par les communistes et les adversaires de l'Église »[100], il met fortement en doute les révélations de Pacepa, qui contiennent des erreurs flagrantes sur la façon dont les
services roumains se seraient procuré leur documentation : selon le Vatican, une offre d'arrangement des relations diplomatiques avec les pays de l'Est (voire un arrangement financier)
n'aurait pu donner un accès aux archives secrètes du Vatican aux services roumains ; par ailleurs, les documents relatifs à Pie XII n'étaient pas encore aux archives secrètes mais à celles
de la Secrétairerie d'État [101].
L'évolution de l'image de Pie XII dans la communauté juive [modifier]
Au lendemain de la guerre, de nombreux témoignages de reconnaissance lui ont été adressés[102]. Le grand rabbin de
Jérusalem, Isaac Herzog, s'est exprimé ainsi en 1944 : « Ce que votre Sainteté et ses éminents délégués (…) font pour nos frères et sœurs (…), le peuple d'Israël ne l'oubliera
jamais[103]. »
En 1958, Golda Meir, ministre des Affaires étrangères
d'Israël, a déclaré à l'occasion du décès de Pie XII : « Quand le terrible martyre de notre peuple arriva, pendant
la décennie de la terreur nazie, la voix du Pape s’ éleva pour les victimes […] Nous pleurons un grand serviteur de la paix ».[104]. Elio Toaff déclare : « Les juifs se
souviendront toujours de ce que l'Église a fait pour eux sur l'ordre du pape au moment des persécutions raciales. »[105]
Les documents relatifs au pontificat du pape Pie XII, conservés dans les Archives
secrètes du Vatican n'ont, jusqu'ici, jamais été publiés intégralement. En octobre 1999, une commission mixte d'historiens juifs
et catholiques a pourtant été chargée d'étudier la période. La polémique avait en effet une nouvelle fois été relancée par le document « Souvenons-nous : Une réflexion sur la
Shoah », publié à Rome le 18 mars 1998. Un rapport préliminaire fut remis le 25 octobre 1999, rapport dans lequel les membres de la Commission s'interrogeaient sur des lacunes flagrantes dans les documents d'archives disponibles et invitaient
le Vatican à ouvrir l'ensemble de ses archives. Ne voyant pas ses requêtes suivies d'effets réels, la commission annonça le 20 juillet 2001 qu'elle devait suspendre ses travaux car le Vatican refusait d'ouvrir toutes ses archives et empêchait ainsi la rédaction d'un rapport final. Pour sa
part, le Vatican a pris note de cet échec, qu'il mit sur le compte des « fuites tendancieuses » dont se seraient rendus coupables des membres juifs de la commission[106].
Les archives correspondant à l'ensemble du pontificat de Pie XI, c'est-à-dire, jusqu'en 1939, ont été rendues accessibles en 2006.
Selon le porte-parole du Vatican, celles correspondant au pontificat de Pie XII, représentant environ 16 millions de feuillets, ne pourraient l'être que vers 2014-2015[107].
Le Mémorial Yad Vashem [modifier]
En 2007, le représentant du Vatican en Israël, Mgr Antonio Franco, a menacé de boycotter les cérémonies annuelles organisées par le mémorial de Yad Vashem. Il voulait protester contre l'image qui était donnée de Pie XII : au musée du Mémorial figure en effet
depuis 2005 une photo de Pie XII parmi « ceux dont on devrait avoir honte pour ce qu'ils ont fait contre les juifs », a-t-il
déploré[108].
Le président du Mémorial, Avner Shalev, a tenu à formuler le communiqué suivant : « Yad Vashem se dédie à la recherche historique et le musée de l'Holocauste présente la vérité
historique sur le pape Pie XII telle qu'elle est connue par les chercheurs aujourd'hui. Yad Vashem a dit au représentant du Vatican qu'il était prêt à continuer d'examiner le sujet, en soulignant
que si on lui y donne accès, il étudierait avec plaisir les archives de Pie XII, afin de prendre éventuellement connaissance d'éléments nouveaux[109] ». Le nonce est finalement revenu sur sa décision de boycotter la cérémonie[110].
Procès en béatification [modifier]
Statue de Pie XII au
Portugal (
Braga)
La cause de Pie XII est introduite sous le pontificat de Paul VI, le 18 novembre 1965, en même temps que celle de Jean
XXIII[111].
Le 8 mai 2007, les membres du tribunal de la congrégation pour la Cause des saints votent à l'unanimité le jugement positif et conclusif du procès en vue d'établir «les vertus héroïques» de Pie
XII. Toutefois le pape Benoît XVI n'approuve pas officiellement cette conclusion, préférant attendre. Le décret sur
l'héroïcité n'est donc pas signé et Pie XII n'est pas déclaré vénérable[111] [112].
Deux ans plus tard, le 19 décembre 2009, le pape Benoît XVI proclame le décret reconnaissant Pie XII comme vénérable[113]. Cette étape précède celle de
la béatification. Cette dernière est maintenant conditionnée à la reconnaissance d'un miracle, ayant eu lieu après la mort de Pie XII, et attribué à son intercession[112]. De plus, le Vatican a laissé entendre, il y a quelques mois, que Pie XII ne serait pas béatifié avant
l'ouverture complète des archives de son pontificat, procédure qui requiert des années de travail[114]. L'avancée du
processus de béatification provoque une controverse à raison de la passivité prêtée à Pie XII pendant la guerre. L'historien juif Serge Klarsfeld écarte les critiques et soutient la décision de Benoît XVI tout en regrettant que toutes les archives ne soient pas encore
ouvertes.[115].
Notes et références [modifier]
Blason de Pie XII à l'église Saint-Eberhard de
Stuttgart
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↑ Pie XII, Andrea Tornielli,
éditions Tempora, cité dans le journal Valeurs Actuelles, n.3743 p.60 (août 2008) [archive]
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↑ Il fera un bon pape, propos rapporté par le cardinal Domenico Tardini dans son livre Pie XII, en 1959
-
↑ Owen Chadwick, Britain and the Vatican during the Second World War, p. 35 et suivantes
- ↑ a, b, c et d Théo, l'encyclopédie catholique pour
tous, Ed. Mame, 2009, p.504
- ↑ a et b Le dogme de l'Assomption, présentation sur le site du diocèse d'Arras [archive]
-
↑ Catéchisme de l'Eglise catholique, Ed. Pocket, 1998, section annexe Guide de lecture par les évêques de France,
p.943
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↑ (en) Archevêque Malcolm Ranjith, Avant propos
au livre True Development of the Liturgy [archive]
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↑ Sous-titre de l'encyclique Humani generis [archive].
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↑ Edouard Glottin, La Bible du Coeur de Jésus, Ed. Presses de la Renaissance, 2007, p.416
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↑ Voir aussi traduction en ligne sur
labibleducoeurdejesus.com [archive]
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↑ Pie XII, Encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, 1956
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↑ http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/speeches/1951/documents/hf_p-xii_spe_19511029_ostetriche_it.html
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↑ J. M. recension de McClory Robert - Rome et la contraception. Histoire secrète de l'encyclique Humanae Vitae, Population, 1999,
vol. 54, n° 2, pp. 354-356. url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1999_num_54_2_7012Consulté le 28 décembre 2009
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↑ (en) Is Natural Family Planning a
Heresy? [archive]
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↑ (es), Pie XII, Discurso sobre el parto sin dolor, Acta Apostolicae Sedis 48 (1956) 82-93
http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/speeches/1956/documents/hf_p-xii_spe_19560108_parto-indolore_sp.html#_edn*
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↑ Le site bioethique.net [archive] propose une liste de ces interventions
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↑ Allocution du 13 mai
1956 [archive] sur le site
de l'Église catholique en France.
-
↑ Cette affirmation est ainsi rappelée dans l'encyclique Evangelium Vitæ du pape Jean-Paul II
-
↑ S. S. Pie XII, « Les preuves de l’existence de Dieu à la lumière de la science actuelle de la
nature », discours prononcé à l’Académie pontificale des
sciences le 22 novembre 1951, trad. parue dans
La Documentation catholique, no 1110 (16 décembre 1951) Citation vue
sur le site Le débat cosmologique [archive]
-
↑ Discours prononcé par S. S. Pie XII lors du congrès de l’union astronomique internationale à Rome (Italie), le 7 septembre 1952, trad. française dans La Documentation
catholique, no 1131 (5 octobre 1952)
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↑ Le débat cosmologique [archive]
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↑ Théo, l'Encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.495
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↑ Zenit, Messe pour les 50 ans de la mort de Pie XII, 10
octobre 2008 [archive]
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↑ Théo, l'Encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.647
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↑ Théo, l'encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.541
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↑ Théo, l'encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.503
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↑ Cette entrevue est rapportée par le New York
Times du 13 Mars 1940. Le titre est "The Pope is emphatic about just peace" et le sous-titre "Jews rights defended" (les droits des Juifs défendus). L'article parle du "Hitler's Canossa" et précise dans le paragraphe "les droits des juifs défendus" que « le Souverain Pontife, en propos incendiaire
(burning words), parla à Mr von Ribbentrop des persécutions religieuses, et pris la défense des juifs d'Allemagne et de Pologne »
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↑ Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951,
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stirpe, sono destinate alla morte o ad un progressivo deperimento. » Pie XII, Con sempre nuova freschezza, 24 décembre 1942, texte intégral en ligne sur le site du
Vatican [archive], consulté le 14
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↑ New York Times, 25 décembre 1942, p. 16, éditorial intitulé The Pope's verdict. Début de cet éditorial :
« No Christmas sermon reaches a larger congregation than the message Pope Plus XII addresses to a war-torn world at this season. This Christmas more than ever he is a lonely voice
crying out of the silence of a continent. The pulpit whence he speaks is more than ever like the Rock on which the Church was founded, a tiny island lashed and surrounded by a sea of
war. » Site du New York
Times [archive].
Le même journal écrit le 18 mars 1998 : « Une enquête complète sur la conduite du pape Pie XII est nécessaire... Il revient maintenant à Jean Paul II et à ses successeurs de franchir
un nouveau pas vers la pleine reconnaissance de la faillite du Vatican à s’opposer correctement au mal qui a balayé l’Europe ». Référence : fin du texte sur le site du New York Times [archive].
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↑ Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
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↑ Philippe Chenaud, Pie XII, diplomate et pasteur, éditions du CERF, 2003, pp. 11-12.
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↑ Note reproduite dans le Bréviaire de la haine, p. 342 de la réédition Presses Pocket, 1993
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↑ Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951,
pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 80
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↑ Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg
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↑ Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg
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↑ R.P. P. Blet s.j., Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Éd. Perrin, 1997, p. 323.
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↑ Article sur le site
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↑ Philippe Chenaud, Pie XII, diplomate et pasteur, éditions du CERF, 2003, p. 12.
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↑ Tome 2 : Les années d'extermination (1939-1945), trad. en français parue chez Seuil en 2008, pp. 694-705, et al.
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↑ S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 694 (l'italique est dans le texte).
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↑ Lire : des actes visant l'église catholique en Allemagne. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 695.
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↑ S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 695.
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↑ S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 696.
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↑ S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 696-697
- ↑ a et b
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également Pie XII, «pape de
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↑ Léon Poliakov, « Pie XII, les nazis et les Juifs : À propos de la querelle du “Vicaire” », in L'Arche, octobre 1963. Repris dans L. Poliakov, Sur les traces du crime (pp. 95-108), éd. Berg
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son livre de 1954 Der Vatican im Zweiten Weltkrieg (« Le Vatican dans la seconde guerre
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Le Nouvel observateur, 12 avril 2007.
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↑ lepoint.fr, 23 décembre 2009 [archive]. En
particulier : « Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est. »
Statue de Pie XII à
Fatima Portrait de Pie XII à la fin de sa vie
Tombe de Pie XII à Saint-Pierre de Rome
-
Pierre Blet, sj, Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, d'après les archives du Vatican.
- première édition : Librairie académique Perrin, Paris, 1997, 336 p., (ISBN
2-262-01324-1), (FRBNF 36180149n) ;
- réédition : Librairie académique Perrin, coll. « Tempus » no 102, Paris, 2005, 336 p., (ISBN 2-262-02362-X), (FRBNF 39988291f) ;
Présentation de l'ouvrage
-
Jean Chélini, L'Église sous Pie XII, Fayard, 1983 et 1989 (ISBN 2213015953) ;
-
Philippe Chenaux, Pie XII, diplomate et pasteur, Cerf, coll. « Histoire », 2003
(ISBN 2204071978) ;
- John Cornwell, Le Pape et Hitler. L'histoire secrète de Pie XII, Albin Michel, 1999 (ISBN 2226109803) ;
-
Michael F. Feldkamp, Pius XII. und Deutschland, Göttingen 2000, ISBN 3-525-34026-5 (Critique (en allemand) sur le site de l'université Humboldt de Berlin) ;
-
Rolf Hochhuth, Le Vicaire, traduit de l'allemand par F. Martin et J. Amsler (titré Der
Stellvertreter en allemand), Seuil, Paris, 1963, réédité dans la même traduction et avec une pagination comparable, par le
même éditeur, en 2002, (ISBN 2-02-001316-9) ;
-
Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre Mondiale à la Guerre Froide
(1914-1955), Armand Colin, 1996 (ISBN 2200216416) ;
- Pinchas E. Lapide, Rome et les Juifs, Seuil, 1967 ;
- Mgr Yves Marchasson, Les Papes
du XXe siècle, Desclée, coll. « Bibliothèque d'histoire du christianisme », 1990 (ISBN 2718905255) ;
- Andrea Riccardi, Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-618577) ;
- Sr Pascalina Lehnert, Pie XII, mon privilège fut de le servir, Téqui, 1982 (ISBN 2852447207) ;
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Robert Serrou, Pie XII, le pape-roi, Perrin, 1992 (ISBN 2262006830) ;
-
Lionel Richard, Nazisme et barbarie, Éditions Complexe, 2006 (ISBN 2-8048-0074-1) ;
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Sergio Romano, La Foi et le Pouvoir : Le Vatican et l'Italie de Pie IX à Benoît XVI, Buchet-Chastel,
2007 Résumé en ligne
- Henri Fabre, L'Église catholique face au fascisme et au nazisme, Les outrages à la vérité, Bruxelles, EPO, 1995 ;
-
David Kertzer, Le Vatican contre les Juifs - Le rôle de la papauté dans l'émergence de l'antisémitisme
moderne, Robert Laffont, 2003 (ISBN 2-2210-9607-X) ;
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Ciampa, Leonardo, Pope Pius XII: A Dialogue, AuthorHouse, 2007 (ISBN 1-425-97766-9) ;
- Giovanni Miccoli, Les Dilemmes et les silences de Pie XII. Vatican, Seconde Guerre mondiale et Shoah, traduction en français, Complexe, Coll. IHTP/CNRS, 2005, Bruxelles, de l’ouvrage
italien publié par Rizzoli, 2000, Milan ;
- Rabbin David Dalin, Pie XII et les Juifs, le Mythe du Pape d'Hitler, Tempora, 2007 (ISBN 2916053115) ;
- Olivier Rota, « Les ‘silences’ du pape Pie XII : genèse et critique d’un procès biaisé », Revue d’histoire ecclésiastique, Louvain, vol. 99 (3-4), juillet-décembre
2004, p. 758-766 ;
-
Alexis Curvers Pie XII le Pape outragé 1ère édition: éditions Robert Laffont, 1964 ; deuxième
édition aux éditions Dominique Martin Morin, 1988 ;
- Michel de Kerdreux L'Amour face à la haine : Pie XII, pontife méconnu, 1940-1946, éditions Résiac,
1974 ;
- Andrea Tornielli Pie XII - Biographie, Tempora - éditions du Jubilé, 2009 (ISBN 978-2866794934)
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Harold H. Tittmann, Inside the Vatican
of Pius XII, The Memoir of an American Diplomat During World War II, Doubleday, 2004.