Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 12:56

Encore la femme a raison !

Il est temps à la justice française et au gouvernement de droite de mieux refléchir pour éviter ces situations honteuses qui prouvent que l'affaire Outreau n'a pas servi de léçon juridique. Pourquoi la justice défend toujours les femmes ? Pourquoi la justice croit toujours en la parole des femmes ?

Avec cette crise, le mensonge est devenu un moyen propice pour les femmes à problème à gagner de l'argent sur les dos des hommes innocents. Toutes les femmes ne posent pas problèmes, heureusement !

La France est un pays où il y a toujours des lois par rapport à l'émotion et la droite française est axée sur la prison, le chiffre, la répression. Il n y a pas une autre solution ? En matière de viol, l'homme n'a jamais été reconnu innocent par la justice française - pourquoi ? Cette justice est un "syndicat" de femmes ? Plusieurs questions restent sans réponse vraiment.

Où va La Justice Française ? Pourquoi tous les hommes sont considérés comme des violeurs ? Pourquoi avez vous peur de dire à la femme d'arrêter de mentir ?

Je vous invite à lire l'article de l'AFP du 10 janvier 2010 - ( Un détenu se pend à Aix-Luynes).

Un détenu se pend à Aix-Luynes (13)

AFP / 10.01.2010

Un homme de 40 ans, mis en examen pour le viol de sa compagne et écroué hier, s'est pendu dans sa cellule de la maison d'arrêt d'Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) durant la nuit, a-t-on appris aujourd'hui auprès de son avocate et de source proche de l'enquête.

"Mon client, qui a nié avoir violé sa compagne mais a reconnu une relation sexuelle avec elle, s'est pendu cette nuit à 03H00 du matin dans sa cellule de la prison de Luynes", a déclaré Me Régine Ciccolini.

Déféré samedi après-midi devant le parquet d'Aix-en-Provence, l'homme avait été mis en examen puis placé en détention provisoire à Luynes après le débat contradictoire devant le juge de la liberté et de la détention. Selon l'avocate, le dossier de son client, père de deux filles âgées de huit et neuf ans et qui était en liberté conditionnelle au moment des faits, comporte "de nombreuses incohérences".

Le Figaro
Par SANKARA - Publié dans : Justice et Politique - Communauté : SANS DROITS ET SANS VOIX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 15:34

Chers amis Juifs,

Je me permets de vous appeller  " amis "  parce que je suis un homme qui défend la paix et veut la paix sur cette terre des hommes.

Mes chers amis juifs, le procès contre le Pape PIE XII ne semble pas être justifié et honnête.
L’ouvrage du rabbin David Dalin est précis et je vous invite à le lire. En 2005, paraît l'ouvrage Pie XII et les Juifs. Le mythe du pape d'Hitler écrit par le rabbin David Dalin. On y lit :


« Imputer la condamnation qui revient à Hitler et aux Nazis à un pape qui s’opposa à eux et était ami des juifs est une abominable calomnie. Quels que soient leurs sentiments vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s’approprie la Shoah pour l’utiliser dans une guerre des progressistes contre l’Église catholique. »

 

Aujourd'hui, tous les papes (Jean Paul II et Benoît XVI) invitent Israël à faire la paix avec la palestine où il y a des morts quasiment tous les jours mais qui est prêt à entendre ces appels ? Ni Israël, ni la Palestine, ni la communauté internationale moins les pays voisins de ces deux pays en guerre.

 

Et demain, vous allez encore condamner l'église catholique et ses papes ?

 

Je vous invite encore à lire cet extrait  de Wikipédia pour mieux comprendre le complot monté contre le Pape Pie XII. Il est temps d'arrêter ces débats stupides. Nous devons respecter nos frères et soeurs qui ont souffert et qui sont morts à cause des agissements diaboliques de NAZIS.

 

L'attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale est l'objet d'une polémique ardente depuis des décennies. Les critiques du pape lui reprochent de s'être insuffisamment engagé contre le nazisme et l'antisémitisme, voire d'avoir cautionné par son « silence » les agissements nazis.

Cette polémique est arrivée sur la place publique avec la présentation de la pièce de théâtre Le Vicaire, œuvre du dramaturge allemand Rolf Hochhuth[96],[97], qui a été produite pour la première fois en Allemagne en 1963. Les thèses défendues par l'auteur[98] portent avant tout sur le fait que le pape aurait pu en faire plus. Jusqu'alors, l'image du pape était relativement préservée mais la pièce a largement contribué à retourner l'opinion publique.

La pièce connut en effet un grand succès international, fut traduite en 20 langues, souleva d'innombrables questions auxquelles le Vatican répondit en annonçant qu'il fallait attendre l'ouverture des archives après cinquante ans. En 2002, le film Amen., du réalisateur gréco-français Costa-Gavras, directement inspiré du Vicaire, relançait le débat. Cinq ans plus tard, un officier de la DIE (services d'espionnage roumains) passé à l'Ouest en 1978 et recruté par la CIA américaine, Ion Mihai Pacepa, affirme que le général soviétique Ivan Agayants, chef du service de désinformation du KGB, aurait conçu en 1963 un plan contre Pie XII. L'idée était de produire une pièce de théâtre s'appuyant sur de prétendues archives. L'auteur officiel, Rolf Hochhuth, aurait donc juste repris pour Le Vicaire un script inventé par Agayants sur la base de documents envoyés à Moscou par les renseignements roumains (qui auraient réussi à infiltrer les archives du Vatican en 1960 et 1962)[99] et ne se serait pas inspiré du témoignage de Kurt Gerstein, pourtant personnage central de l'œuvre. Si le Vatican estime que l'écriture du Vicaire a fortement été influencée par son premier metteur en scène, Erwin Piscator, et plus généralement « par les communistes et les adversaires de l'Église »[100], il met fortement en doute les révélations de Pacepa, qui contiennent des erreurs flagrantes sur la façon dont les services roumains se seraient procuré leur documentation : selon le Vatican, une offre d'arrangement des relations diplomatiques avec les pays de l'Est (voire un arrangement financier) n'aurait pu donner un accès aux archives secrètes du Vatican aux services roumains ; par ailleurs, les documents relatifs à Pie XII n'étaient pas encore aux archives secrètes mais à celles de la Secrétairerie d'État [101].

 

Qu'allez vous dire alors du silence d'Israël lors du génocide Rwandais ? De la dictature de tous les Présidents Africains ? Pourquoi les juifs ne lèvent-ils pas la voix pour condamner tous ces désastres ?

 

Le Pape Pie XII mérite d'être bienheureux. Que les adversaires de l'Eglise Catholique cherche à faire autre chose. Il est temps de chercher la paix dans le monde. Notre Planète est déchirée par la haine, l'égoïste, le mensonge. Assez avec la guerre : Iran, Irak, Liban, Israël, Palestine, Afganistan, Afrique... Que les jeunes catholiques lèvent la voix aussi et prennent position pour l'église.

A Bon entendeur.

 

 

Par SANKARA - Publié dans : Société - Communauté : SANS DROITS ET SANS VOIX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 15:21
 Église catholique pendant la Seconde Guerre mondiale .

 

Le pontificat de Pie XII commence le 2 mars 1939 et son couronnement a lieu le 12 mars dans la basilique Saint-Pierre, soit trois jours avant l'invasion de Prague par les armées nazies. Quelques mois plus tard, éclate la Seconde Guerre mondiale.

L'attitude du cardinal Pacelli vis-à-vis du Troisième Reich et de la persécution des Juifs est alors de notoriété publique. En effet, à peine deux ans auparavant, il avait participé à la rédaction de l'encyclique Mit brennender Sorge (avec un souci brûlant) publiée le 14 mars 1937 et qui condamnait fermement le nazisme. En mai 1938, Pie XI et son secrétaire d'état s'étaient absentés ostensiblement du Vatican lors de la visite d'Hitler.

Non seulement ce texte, qui donne la position officielle de l'Église, condamnait irrévocablement la doctrine national-socialiste, et en particulier ses fondements racistes, mais le 6 septembre 1938 Pie XI, avait pris spécialement position contre la législation antisémite italienne, en déclarant à un groupe de pèlerins : « Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites. » . Il avait également ordonné aux universités catholiques d'organiser un enseignement contre l'antisémitisme et le racisme.

Bien que les archives vaticanes de cette période n'aient été publiées qu'en partie (les onze volumes des Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale), on peut retracer les actions de Pie XII de 1939 à 1945.

Le Vatican, cerné par l'État mussolinien (et créé par ce dernier aux termes des accords du Latran entre Pie XI et Mussolini), voit ses moyens d'action se réduire sans cesse. Pendant toute la durée de la guerre, l'administration papale sera surveillée par la police italienne, puis par la police allemande d'occupation. Les valises diplomatiques sont fréquemment fouillées ; les lignes téléphoniques sont mises sur écoute ; l'Osservatore Romano est censuré. Les allées et venues des diplomates et journalistes sont en outre étroitement surveillées. Il ne reste donc à Pie XII que Radio Vatican pour se faire entendre. Mais comme celle de Londres, cette radio sera vite brouillée en représaille aux prises de positions contre les invasions nazies.

Chronologie des événements [modifier]

1939 [modifier]

Après l'invasion de la Tchécoslovaquie, le 15 mars 1939, la diplomatie vaticane intervient pour empêcher la guerre, sans succès.

Dans sa première encyclique, Summi pontificatus (20 octobre 1939), Pie XII se dresse contre les différentes formes de racisme, dénonçant « l'oubli de cette loi de solidarité humaine et de charité, dictée et imposée aussi bien par la communauté d'origine et par l'égalité de la nature raisonnable chez tous les hommes, à quelque peuple qu'ils appartiennent. »[30]

Il y déclare aussi sa compassion avec la Pologne, et dénonce : « l'esprit de la violence et de la discorde verse sur l'humanité la sanglante coupe de douleurs sans nom. » En affirmant dans cette encyclique que « la Pologne a droit à la sympathie humaine et fraternelle du monde, et attend, confiante dans la puissante intercession de Marie Auxilium Christianorum, l'heure d'une résurrection en accord avec les principes de la justice et de la vraie paix », il suscite une réaction très vive des Nazis qui y voient une condamnation de l'invasion. Mais il surenchérit dans son message de Noël 1939 : « Nous avons dû, hélas ! assister à une série d’actes inconciliables aussi bien avec les prescriptions du droit international qu’avec les principes du droit naturel et même les sentiments les plus élémentaires d’humanité. Ces actes exécutés au mépris de la dignité, de la liberté, de la vie humaine crient vengeance devant Dieu. » [31] La réaction des Nazis est alors si violente que les évêques du pays supplient le pape de ne plus s'indigner de cette façon.[réf. nécessaire]

Il dénonce alors à nouveau le « culte de l'État » dans « les dictatures », dans la filiation de Mit Brennender Sorge. Il ne nomme ni Hitler ni Staline, et ce premier « silence » lui sera reproché[32]. Dans un numéro spécial de L'Osservatore Romano du 13 décembre 1981, Michele Maccarrone écrit : « Il est vrai que Pie XII, accusé d'être un pape diplomate, n'a pas pratiqué la grande diplomatie. Il ne s'est pas adressé aux belligérants pour exiger la fin des combats [...], il n'a pas excommunié, il n'a pas prononcé de condamnation solennelle à l'encontre des crimes et des criminels nazis. »

Le 26 décembre 1939, Pie XII condamne l'agression de la Finlande par l'Union soviétique[33] (alors que l'Allemagne et l'Union soviétique sont déjà alliés par la signature du pacte germano-soviétique Ribbentrop-Molotov du 23 août 1939).

1940 [modifier]

Le 18 janvier 1940, après la mort de 15000 civils polonais, Pie XII déclare dans une adresse radiophonique que « l'horreur et les abus inexcusables commis contre un peuple sans défense sont établis par le témoignage indiscutable de témoins oculaires[34] ».

Le 4 mai 1940, le Vatican prévient la Hollande que l'Allemagne va l'attaquer le 10.

Après l'invasion de la Hollande et de la Belgique par les Allemands, le pape envoie un message de sympathie à la reine Wilhelmine des Pays-Bas, au roi Léopold III de Belgique et à la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, en ne faisant mention que des malheurs qui accablent ces pays, sans jamais utiliser le terme « Invasion » et sans jamais ni dénoncer ni condamner directement l'envahisseur, pour limiter les représailles des Nazis. Mais quand Mussolini apprend l'existence de ces messages, il accuse le pape de prendre parti contre les alliés des Italiens et proteste officiellement auprès du Saint-Siège. Le ministre des Affaires étrangères du régime fasciste déclarera que « Pie XII était prêt à être déporté plutôt que de trahir sa conscience[35] ».

Au printemps 1940, un groupe de généraux allemands désireux de renverser Hitler et de faire la paix avec les Anglais approche Pie XII[36].

Pie XII choisit de maintenir l'Église hors du conflit des belligérants. À la supplique des évêques polonais décrivant les atrocités des nazis et demandant de l'aide (plus qu'une déclaration publique qui ne ferait qu'aggraver les choses), il réplique par la voix de Mgr Tardini :

« Tout d'abord, il ne semblerait pas opportun qu'un acte public du Saint-Siège condamne et proteste contre tant d'injustices. Non pas que la matière manque (…) mais des raisons pratiques semblent imposer de s'abstenir. »

Mgr Tardini ajoute qu'une condamnation officielle du Vatican « accroîtrait les persécutions ». Pie XII précise lui-même :

« Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d'apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d'autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve — malgré les raisons d'intervention — afin d'éviter des maux plus grands. C'est l'un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposé des limites dans nos déclarations. »

Au printemps 1940, le cardinal secrétaire d'État Luigi Maglione reçoit une demande du Grand Rabbin de la Palestine mandataire Isaac Herzog afin que le pape intercède en faveur des juifs lituaniens déportés par les Allemands[37]. Pie XII appelle Ribbentrop le 11 mars et proteste énergiquement contre le traitement des juifs[38],[39].

1941 [modifier]

À cette date, il semble clair que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique. [40]. En 1941, le cardinal Theodor Innitzer informe le pape sur les déportations commises à Vienne[41].

En 1941, l'ambassadeur de l’État français au Vatican, Léon Bérard, s'inquiète de l'avis du Vatican sur le statut des juifs promulgué par le régime de Vichy. Le secrétariat d'État du Vatican confirme que la législation ne s'oppose pas à l'enseignement de l’Église[42]. Le nonce apostolique en France Valerio Valeri, « embarrassé » par ce blanc-seing pontifical accordé à la politique juive du régime de Vichy, vérifie l'information auprès du Vatican. Le secrétaire d'État Maglione confirme que c'est bien la position du Saint-Siège[43],[44],[45]. Mais dès 1942, le pape Pie XII fait officiellement savoir au maréchal Pétain par son nonce en France, Mgr Valerio Valeri, que le Saint-Siège désapprouve totalement les mesures prises par Vichy à l'encontre des Juifs.[46]

En septembre 1941 en outre, Pie XII s'oppose au code juif slovaque[47], qui, à l'opposé du statut des juifs français, interdit le mariage mixte[48].

En avril 1941, Pie XII accorde une audience à Ante Pavelić, nouveau dictateur de Croatie. Une note du Foreign office britannique sur le sujet décrit Pie XII comme « le plus grand couard de l'époque[49] ». Cependant, le Vatican ne reconnaîtra pas le régime croate. Il ne condamnera jamais publiquement les conversions forcées de Serbes par les Croates. Il le fera dans une mémorandum confidentiel daté du 25 janvier 1942 et adressé à la légation yougoslave.[50],[51]

En octobre 1941, Harold Tittman, délégué américain au Vatican demande au pape de condamner les atrocités commises contre les juifs ; la réponse du pape fait état de son souhait de rester « neutre[52] », réitérant par là la position du Vatican exprimée dès septembre 1940.[53]

Mais Pie XII condamnera néanmoins par la suite à travers son message radiodiffusé de Noël 1941 « l'oppression, ouverte ou dissimulée, des particularités culturelles et linguistiques des minorités nationales » ainsi que « l'entrave et le resserrement de leurs capacités naturelles » avec « la limitation ou l'abolition de leur fécondité naturelle »[54].

En 1941, Pie XII déclare que la condamnation du communisme exprimée dans Divini Redemptoris par Pie XI n'interdisait pas les catholiques américains de soutenir le prêt-bail accordé par les États-Unis à l'URSS, et soutenir ainsi sa lutte contre le Reich (puisqu'elle n'est plus l'alliée d'Hitler depuis que celui-ci a tenté d'envahir l'URSS le 22 juin 1941). [55]

1942 [modifier]

En mars 1942, Pie XII établit des relations diplomatiques avec l'Empire du Japon, puis avec la Chine nationaliste.

En mai 1942, l'ambassadeur polonais Kasimierz Papée s'étonne que le pape ne condamne pas les atrocités commises en Pologne.

En mars 1942, le chargé d'affaire slovaque apprend à Pie XII que le gouvernement slovaque planifie la déportation de 80 000 juifs en Pologne[56]. Le Vatican proteste auprès du gouvernement slovaque en « déplorant ces mesures qui enfreignent le droit des gens, du seul fait de leur race[57] ».

Le 18 septembre 1942, le pape reçoit une lettre de Monseigneur Montini (futur pape Paul VI) disant que « les massacres prennent des proportions effrayantes[58] ».

En septembre 1942, Myron Taylor, représentant des États-Unis à Rome, et ses homologues anglais, brésilien, uruguayen, belge et polonais préviennent que le « prestige moral » du Vatican est sévèrement compromis par sa passivité face aux atrocités[59], à quoi le cardinal Maglione répond que les rumeurs ne sont pas vérifiées.

Les représentants des puissances alliées, à l'appui de leur demande, font parvenir au Vatican le rapport qui leur est parvenu du bureau de Genève de l'Agence juive pour la Palestine.

Le 17 décembre 1942, toutes les nations alliées, condamnent officiellement l'extermination des juifs par les nazis et annoncent que les responsables n'échapperont pas au châtiment[60].

Le 24 décembre 1942, dans son message de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque « les centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, parfois seulement en raison de leur nationalité ou de leur lignage, sont destinées à la mort ou à un dépérissement progressif »[61] et appelle à la paix.

Le 25 décembre 1942, le New York Times publie un éditorial dans lequel il est écrit : « La voix de Pie XII est bien seule dans le silence et l’obscurité qui enveloppe l’Europe ce Noël... Il est à peu près le seul dirigeant restant sur le Continent européen qui ose tout simplement élever la voix[62]. »

Juste après Noël 1942, le représentant américain auprès du Vatican fait remarquer au Pape que le message papal de Noël 1942 ne pouvait répondre aux attentes. Le pape lui répond que, d'une part, « il n'aurait pu, en parlant de ces atrocités, mentionner les nazis sans mentionner également les bolchéviques et, qu'à son avis, cela n'aurait sans doute pas plu aux Alliés. ... et que, d'autre part, « les récits des atrocités sont certes fondés, tout en m'indiquant par son attitude qu'à ses yeux, il y avait quelque peu d'exagération, voulue à des fins de propagande »[63].

En décembre 1942, Tittmann suggère à Mgr Maglione de faire une déclaration similaire à la déclaration alliée German Policy of Extermination of the Jewish Race. Mgr Maglione lui répond que le Vatican « ne peut dénoncer publiquement des atrocités particulières[64] ». Le même Harold Tittmann écrira dans ses Mémoires, publiés par son fils en 2004 : « Je ne peux m'empêcher de penser qu'en évitant de parler, le Saint Père a fait le bon choix ; il a ainsi sauvé bien des vies.[65] »

1943 [modifier]

Le 2 juin 1943, dans un discours devant le collège des cardinaux, Pie XII exprime sa sollicitude envers ceux qui, à cause de leur nationalité ou de leur race, sont « livrés à des mesures d'extermination » dont il voudrait fustiger toute l'ignominie par le détail et en des termes plus forts, ainsi qu'il ressort des 124 lettres écrites aux évêques allemands pendant la guerre. Il fait cependant remarquer que « toute parole de notre part à l'autorité compétente, toute allusion publique doivent être sérieusement pesées et mesurées, dans l'intérêt même des victimes, afin de ne pas rendre leur situation plus grave et plus insupportable ». Les évêques hollandais en avaient fait l'expérience lorsque, en juillet 1942, ils avaient protesté contre la persécution des Juifs : aussitôt les Nazis ont organisé une fouille minutieuse des monastères et des couvents, menant à une rafle des très nombreux Juifs cachés là, dont Edith Stein[66].

Le même jour, le pape ose une sortie sur la question polonaise : « le sort tragique du peuple polonais… le silencieux héroïsme de ses souffrances et sa place future dans une Europe refaite sur des bases chrétiennes et dans une assemblée d’États exempte des erreurs et des égarements du passé. » Ce texte est reçu avec ferveur par les Polonais, notamment par le cardinal Sapieha, archevêque de Cracovie, qui n’en demande pas plus par peur des représailles.

Le 26 juin 1943, Radio Vatican déclare que « Quiconque établit une distinction entre les Juifs et les autres hommes est un infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements de Dieu. La paix dans le monde, l'ordre et la justice seront toujours compromis tant que les hommes pratiqueront des discriminations entre les membres de la famille humaine. »[67] C'est une excommunication en règle. Le New York Times cite et acte ce message dans son tirage du jour suivant.

C'est ainsi encore que, devant les atrocités toujours plus nombreuses commises par la Gestapo et les S.S., le pape Pie XII laisse l'Osservatore Romano exprimer l'indignation universelle dans son numéro du 25 octobre 1943. Aussitôt les Allemands font saisir le journal dans les kiosques et menacent de reprendre les perquisitions dans les monastères pour y débusquer les Juifs cachés.

En septembre 1943, suite à l'occupation allemande de l'Italie du Nord, l'Église accorde le refuge à 477 Juifs à l'intérieur du Vatican et à 4 238 autres dans des monastères et couvents des environs[68].

Pie XII parle, mais surtout il agit. Fin 1943, le commandant des S.S. de Rome ordonne au chef de la communauté israélite de fournir 50 kg d'or dans les 24 heures sous peine de déportation immédiate de 200 autres Juifs (une grande rafle ayant déjà eu lieu le 16 octobre 1943). La collecte n'ayant réuni que 35 kg d'or, le grand rabbin de Rome reçoit du pape Pie XII les 15 kg manquants, réunis grâce à une collecte auprès des catholiques de Rome [69].

Pie XII n'avait pas attendu ce jour-là pour agir en faveur des Juifs. Il organisait, avec l'aide du clergé de Rome et des autres pays européens et d'Amérique latine (notamment la République dominicaine du général Trujillo), des réseaux pour faire échapper les Juifs aux griffes des Nazis. Par diverses filières, ils pouvaient ensuite gagner des pays neutres ou faisant partie de la conférence des Alliés [70].

1944 [modifier]

En mars 1944, par son nonce apostolique à Budapest, Angelo Rotta, le Vatican unit sa voix à celle du Roi Gustave V de Suède, de la Croix-Rouge, des États-Unis et de Grande-Bretagne pour protester contre les exactions contre les juifs hongrois[71] Pie XII envoie un télégramme le 25 juin au régent Miklós Horthy, lui demandant d'épargner les populations qui souffrent « en raison de leur origine nationale ou raciale » [72]. Les déportations cessent le 8 juillet 1944[73].

Fin août 1944, Pie XII lance un appel aux Londoniens et aux Anglais "pour les inviter au pardon des injures et leur demander de ne pas se venger de l'Allemagne des maux que celle-ci leur a infligés". » Le Times publie de nombreuses lettres de protestation[74].

Le 29 novembre 1944, une délégation de 70 rescapés vient, au nom de la United Jewish Appeal (organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial), exprimer à Pie XII la reconnaissance des Juifs pour son action en leur faveur.

 

La conversion du grand rabbin de Rome [modifier]

Le grand rabbin de Rome, Israel Zolli, se convertit à la religion catholique et entre dans l’Église avec sa femme et sa fille, le 13 février 1945, en choisissant pour prénom de baptême Eugenio, c’est-à-dire le propre prénom du pape. Il désire ainsi manifester l’importance qu’a eu le pape dans sa conversion, à commencer par son exemple de charité auprès des Juifs. Après sa conversion, on lui a souvent demandé s'il s'était converti par gratitude envers le pape Pie XII. Il a toujours répondu négativement, ajoutant toutefois: « On pourrait dire du règne de Pie XII qu'il est inspiré par les paroles du prophète Isaïe : « La paix est l'harmonie, la paix est le salut pour ceux qui sont proches comme pour ceux qui sont loin, je veux tous les guérir » (Is. 57, 19). L'Église catholique aime toutes les âmes. Elle souffre avec tous et pour tous ; elle attend avec amour tous ses enfants sur le seuil sacré de Pierre, et ses enfants sont tous les hommes… Il n'existe pas de lieu de souffrances que l'esprit d'amour de Pie XII n'ait atteint… Au cours de l'histoire, aucun héros n'a commandé une telle armée. Aucune force militaire n'a été plus combattante, aucune n'a été plus combattue, aucune n'a été plus héroïque que celle menée par Pie XII au nom de la charité chrétienne. »[75]

Le bilan de l'action du pape Pie XII durant la guerre [modifier]

Plusieurs auteurs[réf. nécessaire] ont accusé Pie XII, et plus généralement l'Église catholique, de complicité avec les opérations d'extermination des Juifs par antisémitisme.

Les ouvrages de Léon Poliakov [modifier]

Le premier historien à se pencher sur l'attitude du pape durant la Seconde Guerre mondiale est Léon Poliakov, auteur de divers travaux sur l'histoire de l'antisémitisme. Selon lui, des sources disponibles tendent à accréditer la thèse d'une indécision oscillant entre une opposition prudente et discrète, une neutralité gênée et un double-jeu à la limite de la complicité passive qui tranche pour le moins avec l'opposition nette au régime communiste au pouvoir en Union soviétique. Il ajoute que l'information sur l'étendue de l'entreprise d'extermination est parvenue très tôt au plus haut de la hiérarchie catholique et des gouvernements alliés et que les condamnations publiques ont été très mesurées[76].

On mentionnera en particulier son ouvrage Bréviaire de la haine. Le IIIe Reich et les Juifs, dans la préface duquel François Mauriac se désole déjà du silence gardé par le successeur de Pierre durant les sombres années du nazisme[77]. Le Bréviaire de la haine paraît en 1951 ; il a été réédité plusieurs fois, dont la dernière en 1993.

« Empressons nous de dire que, face à la terreur hitlérienne, les Églises déployèrent sur le plan de l'action humanitaire immédiate, une action inlassable et inoubliable, avec l'approbation ou sous l'impulsion du Vatican » note dans le Bréviaire de la haine Léon Poliakov, témoin direct de ces évènements tragiques.

Il poursuit cependant : « L'immensité des intérêts dont le Saint Père avait la charge, les puissants moyens de chantage dont disposaient les Nazis à l'échelle de l'église universelle, contribuaient sans doute à l'empêcher de prononcer en personne cette protestation solennelle et publique qui, cependant, était ardemment attendue par les persécutés. Il est pénible de constater que tout le long de la guerre, tandis que les usines de la mort tournaient tous fours allumés, la papauté gardait le silence. Il faut toutefois reconnaître qu'ainsi que l'expérience l'a montré à l'échelle locale, des protestations publiques pouvaient être immédiatement suivies de sanctions impitoyables [...] Qu'aurait été l'effet d'une condamnation solennelle prononcée par l'autorité suprême du catholicisme ? La portée de principe d'une attitude intransigeante en la matière aurait été immense. Quant à ses conséquences pratiques, immédiates et précises, tant pour les œuvres et institutions de l'Église catholique que pour les Juifs eux-mêmes, c'est une question sur laquelle il est plus hasardeux de se prononcer ».[78]

Les travaux de Pinchas Lapide [modifier]

Selon l'historien israélien Pinchas Lapide, l'Église catholique a pu, par son action charitable, sauver d'une mort certaine environ 850 000 Juifs habitant les territoires occupés par le Troisième Reich[83]. Ce chiffre étonnant à première vue s'explique par le fait que Lapide considère en réalité que tous les Juifs qui ont survécu à l'Holocauste l'ont été par la charité chrétienne (des paroissiens, des religieux ou du pape). Il a donc retiré du nombre total de rescapés ceux qui l'ont été dans les terres orthodoxes, ainsi que les « revendications » protestantes, comme il les appelle, pour arriver à ce chiffre ; le 13 décembre 1963, Pinchas Lapide avait pourtant affirmé dans un article du Monde que ce chiffre était de 150 000 à 400 000[84].

Les ouvrages de Saul Friedländer [modifier]

Les recherches de Léon Poliakov seront systématisées et approfondies par Saul Friedländer, qui lancera véritablement le mouvement des travaux de recherche historique sur la papauté durant le nazisme. Son ouvrage paru en 1964 aux éditions du Seuil, Pie XII et le IIIe Reich, va en particulier « confirmer scientifiquement les thèses de Hochhuth[85] ».

Dans son ouvrage en deux tomes L'Allemagne nazie et les Juifs[86], Saul Friedländer examine une nouvelle fois l'attitude de Pie XII face au IIIe Reich. Se demandant pourquoi Hitler n'a pas reculé dans ses plans d'extermination du peuple juif comme il l'avait fait pour l'élimination des « aliénés », S. Friedländer trouve « une seule réponse vraisemblable : Hitler et ses acolytes devaient être convaincus que le pape ne protesterait pas[87]. »

Dès le début de 1943, plusieurs rapports provenant de Rome confirmaient Berlin dans cette certitude : l'entretien de l'ambassadeur Bergen au cours duquel le pape s'engage à ne pas se mêler des actions allemandes sauf si des mesures étaient prises qui « le forceraient à parler pour remplir les obligations de sa charge » — tout en indiquant qu'il tolérerait quelques débordements qui seraient réglés après la fin de la guerre[88], motivé par sa crainte d'affaiblir l'Allemagne dans sa lutte contre le bolchévisme. En février-mars 1943, dans son journal intime, le ministre nazi de la propagande, Goebbels, identifie à trois reprises cette opposition entre nazisme et bolchévisme comme un atout dont son gouvernement doit se servir dans ses rapports avec la Curie[89]. Le 5 juillet 1943, à son arrivée au Vatican, le nouvel ambassadeur allemand Weizsäcker confirme les appréciations antérieures parvenues à Berlin : le pape lui réitère « son affection pour l'Allemagne et le peuple allemand, [...] parle de son expérience avec les communistes à Munich en 1919 [...] et condamne la formule absurde [des États-Unis] de « reddition sans condition » exigée [de l'Allemagne]. L'ambassadeur voit dans le discours du pape, selon ses propres mots, "la forme d'une reconnaissance des intérêts communs avec le Reich au moment où a été évoqué le combat contre le bolchévisme"[90]. »

Après la chute de Mussolini le 23 juillet 1943 et l'arrivée consécutive des troupes allemandes en Italie, la peur du communisme grandit au Vatican : le risque était là en effet que la résistance communiste prenne de l'ampleur et gagne en popularité puisqu'elle s'opposait désormais à des forces d'occupation étrangères. Weizsäcker informe ses supérieurs qu'il a eu connaissance de trois notes datée du jour de la chute de Mussolini et émanant de la curie, dans lesquelles le cardinal Maglione assure que « l'avenir de l'Europe dépend d'une résistance victorieuse de l'Allemagne sur le front russe. L'armée allemande est le seul rempart possible contre le bolchévisme. Si celui-ci s'écroule, le sort de la culture européenne est scellé[91]. » Concernant précisément Pie XII, l'ambassadeur allemand note le 3 septembre qu'un diplomate bien introduit dans la Curie lui a affirmé que « le pape condamnait tous les plans qui visaient à un affaiblissement du Reich. Un membre de la Curie dit que, de l'avis du pape, une Allemagne forte était absolument essentielle pour l'Église catholique[92]. »

À Berlin même, les échos venant de la hiérarchie vaticane sont similaires lorsque, au cours d'un entretien avec le secrétaire d'État allemand Gustav Adolf Steengracht von Moyland, le nonce Orsenigo se met à disserter de son propre chef sur la menace que le communisme fait peser sur le monde et sur le fait que seuls le Vatican au plan spirituel et l'Allemagne au plan matériel peuvent la contrer efficacement[92].

Ces messages constamment répétés, même s'ils sont un peu embellis par les émissaires allemands, conduisent Goebbels et Hitler, au cours d'une discussion qu'ils ont le 7 août 1943, à considérer que Pie XII, bien que véritable Italien et Romain, peut « être considéré à coup sûr comme un bon ami de l'Allemagne » où il a passé quatorze ans, et qu'il est clair qu'il préfère le national-socialisme au bolchévisme. « En tout cas, il n'a pas tenu de propos malveillants contre le fascisme ni contre Mussolini[93]. »

Le pape face au communisme (1945-58) [modifier]

Au début de la guerre, les puissances de l'Axe tentent de lever le drapeau de la croisade contre l'URSS pour légitimer leur action. Mgr Tardini répond que « la croix gammée n'[était] pas précisément celle de la croisade. » En septembre 1944, à la demande de Myron Taylor, il rassure les catholiques américains, inquiets de l'alliance de leur pays avec les Soviétiques.

La fin de la guerre permet la pénétration du communisme en Europe de l'Est. Les rapports, inexistants durant la guerre, empirent. Les gouvernements liés à Moscou font fermer peu à peu les représentations du Saint-Siège. En 1952, le maréchal Tito rompt les relations diplomatiques avec le Vatican. L'arrestation brutale en 1948 du prince-primat de Hongrie, le cardinal Mindszenty, archevêque d'Esztergom, symbolise la tension entre les régimes communistes et l'Église catholique romaine. De même, Mgr Stepinac, archevêque de Zagreb et primat de Yougoslavie, subit l'emprisonnement et la torture. Mgr Beran, archevêque de Prague, se voit interdire d'exercer son ministère. Les Églises catholiques de rite byzantin d'Ukraine et de Roumanie sont incorporées de force dans des Églises indépendantes. Les gouvernements communistes accusent en effet le pape d'être le « chapelain de l'Occident ».

Le 1er juillet 1949, le Saint-Office excommunie globalement les catholique adeptes ou militants du communisme. En effet, l'idéologie communiste qui s'était toujours déclarée athée, matérialiste et anticléricale, avait fait l'objet d'une condamnation officielle en 1937 par l'encyclique Divini Redemptoris, quelques jours après la condamnation par une autre encyclique de l'idéologie national-socialiste. Pie XII fait allusion à cette décision dans son discours de béatification d'Innocent XI, affirmant sa mission de « défense de la chrétienté ».

Les deux parties se crispent dans des attitudes d'opposition. Quelques exceptions voient le jour en Europe de l'Est. Ainsi, en Pologne, le primat, Mgr Wyszynski, signe le 12 janvier 1950 un accord garantissant quelques libertés à l'Église catholique polonaise, en échange de son soutien dans la politique de défense des frontières. Le Vatican se montre réservé face à cet accord. Trois ans plus tard, en automne 1953, Mgr Wyszynski est arrêté, avec de nombreux autres hommes d'Église, par le gouvernement polonais pour avoir soutenu une vague de protestations populaires qui secouaient alors le pays.

Par ailleurs, il aide la dictature argentine à enterrer clandestinement, en 1955, le corps d'Eva Perón à Milan [95].

En Chine, dès l'arrivée des communistes au pouvoir en 1949, les catholiques sont inquiétés par le gouvernement qui leur refuse toute relation avec le Vatican, considéré comme uen forme de « domination étrangère ». De nombreuses arrestations ont lieu, notamment en 1955, où plusieurs centaines de personnes sont arrêtées avec l'évêque de Shanghaï, Kung, qui passera 30 années en prison. La rupture est consommée en 1957 quand le pouvoir chinois fonde une association nationale, l'Association catholique patriotique de Chine. Les catholiques chinois fidèles au pape doivent entrer dans une forme de clandestinité.

Il meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gandolfo, résidence d'été des papes.

Jean XXIII lui succède.

voir le journal du 8 octobre 1958, l'instant de son décès
et celui du 15 octobre 1958, 11 jours avant l'élection de Jean XXIII

La polémique autour des « silences de Pie XII » [modifier]

Une pièce de théâtre lance la polémique publique [modifier]

Pie XII accueille des pèlerins Pie XII reçoit en audience privée une délégation brésilienne (1954)

L'attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale est l'objet d'une polémique ardente depuis des décennies. Les critiques du pape lui reprochent de s'être insuffisamment engagé contre le nazisme et l'antisémitisme, voire d'avoir cautionné par son « silence » les agissements nazis.

Cette polémique est arrivée sur la place publique avec la présentation de la pièce de théâtre Le Vicaire, œuvre du dramaturge allemand Rolf Hochhuth[96],[97], qui a été produite pour la première fois en Allemagne en 1963. Les thèses défendues par l'auteur[98] portent avant tout sur le fait que le pape aurait pu en faire plus. Jusqu'alors, l'image du pape était relativement préservée mais la pièce a largement contribué à retourner l'opinion publique.

La pièce connut en effet un grand succès international, fut traduite en 20 langues, souleva d'innombrables questions auxquelles le Vatican répondit en annonçant qu'il fallait attendre l'ouverture des archives après cinquante ans.

En 2002, le film Amen., du réalisateur gréco-français Costa-Gavras, directement inspiré du Vicaire, relançait le débat.

Cinq ans plus tard, un officier de la DIE (services d'espionnage roumains) passé à l'Ouest en 1978 et recruté par la CIA américaine, Ion Mihai Pacepa, affirme que le général soviétique Ivan Agayants, chef du service de désinformation du KGB, aurait conçu en 1963 un plan contre Pie XII. L'idée était de produire une pièce de théâtre s'appuyant sur de prétendues archives. L'auteur officiel, Rolf Hochhuth, aurait donc juste repris pour Le Vicaire un script inventé par Agayants sur la base de documents envoyés à Moscou par les renseignements roumains (qui auraient réussi à infiltrer les archives du Vatican en 1960 et 1962)[99] et ne se serait pas inspiré du témoignage de Kurt Gerstein, pourtant personnage central de l'œuvre.

Si le Vatican estime que l'écriture du Vicaire a fortement été influencée par son premier metteur en scène, Erwin Piscator, et plus généralement « par les communistes et les adversaires de l'Église »[100], il met fortement en doute les révélations de Pacepa, qui contiennent des erreurs flagrantes sur la façon dont les services roumains se seraient procuré leur documentation : selon le Vatican, une offre d'arrangement des relations diplomatiques avec les pays de l'Est (voire un arrangement financier) n'aurait pu donner un accès aux archives secrètes du Vatican aux services roumains ; par ailleurs, les documents relatifs à Pie XII n'étaient pas encore aux archives secrètes mais à celles de la Secrétairerie d'État [101].

L'évolution de l'image de Pie XII dans la communauté juive [modifier]

Au lendemain de la guerre, de nombreux témoignages de reconnaissance lui ont été adressés[102]. Le grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, s'est exprimé ainsi en 1944 : « Ce que votre Sainteté et ses éminents délégués (…) font pour nos frères et sœurs (…), le peuple d'Israël ne l'oubliera jamais[103]. »

En 1958, Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d'Israël, a déclaré à l'occasion du décès de Pie XII : « Quand le terrible martyre de notre peuple arriva, pendant la décennie de la terreur nazie, la voix du Pape s’ éleva pour les victimes […] Nous pleurons un grand serviteur de la paix ».[104]. Elio Toaff déclare : « Les juifs se souviendront toujours de ce que l'Église a fait pour eux sur l'ordre du pape au moment des persécutions raciales. »[105]

Les documents relatifs au pontificat du pape Pie XII, conservés dans les Archives secrètes du Vatican n'ont, jusqu'ici, jamais été publiés intégralement. En octobre 1999, une commission mixte d'historiens juifs et catholiques a pourtant été chargée d'étudier la période. La polémique avait en effet une nouvelle fois été relancée par le document « Souvenons-nous : Une réflexion sur la Shoah », publié à Rome le 18 mars 1998. Un rapport préliminaire fut remis le 25 octobre 1999, rapport dans lequel les membres de la Commission s'interrogeaient sur des lacunes flagrantes dans les documents d'archives disponibles et invitaient le Vatican à ouvrir l'ensemble de ses archives. Ne voyant pas ses requêtes suivies d'effets réels, la commission annonça le 20 juillet 2001 qu'elle devait suspendre ses travaux car le Vatican refusait d'ouvrir toutes ses archives et empêchait ainsi la rédaction d'un rapport final. Pour sa part, le Vatican a pris note de cet échec, qu'il mit sur le compte des « fuites tendancieuses » dont se seraient rendus coupables des membres juifs de la commission[106].

Les archives correspondant à l'ensemble du pontificat de Pie XI, c'est-à-dire, jusqu'en 1939, ont été rendues accessibles en 2006. Selon le porte-parole du Vatican, celles correspondant au pontificat de Pie XII, représentant environ 16 millions de feuillets, ne pourraient l'être que vers 2014-2015[107].

Le Mémorial Yad Vashem [modifier]

En 2007, le représentant du Vatican en Israël, Mgr Antonio Franco, a menacé de boycotter les cérémonies annuelles organisées par le mémorial de Yad Vashem. Il voulait protester contre l'image qui était donnée de Pie XII : au musée du Mémorial figure en effet depuis 2005 une photo de Pie XII parmi « ceux dont on devrait avoir honte pour ce qu'ils ont fait contre les juifs », a-t-il déploré[108].

Le président du Mémorial, Avner Shalev, a tenu à formuler le communiqué suivant : « Yad Vashem se dédie à la recherche historique et le musée de l'Holocauste présente la vérité historique sur le pape Pie XII telle qu'elle est connue par les chercheurs aujourd'hui. Yad Vashem a dit au représentant du Vatican qu'il était prêt à continuer d'examiner le sujet, en soulignant que si on lui y donne accès, il étudierait avec plaisir les archives de Pie XII, afin de prendre éventuellement connaissance d'éléments nouveaux[109] ». Le nonce est finalement revenu sur sa décision de boycotter la cérémonie[110].

Procès en béatification [modifier]

Statue de Pie XII au Portugal (Braga)

La cause de Pie XII est introduite sous le pontificat de Paul VI, le 18 novembre 1965, en même temps que celle de Jean XXIII[111].

Le 8 mai 2007, les membres du tribunal de la congrégation pour la Cause des saints votent à l'unanimité le jugement positif et conclusif du procès en vue d'établir «les vertus héroïques» de Pie XII. Toutefois le pape Benoît XVI n'approuve pas officiellement cette conclusion, préférant attendre. Le décret sur l'héroïcité n'est donc pas signé et Pie XII n'est pas déclaré vénérable[111] [112].

Deux ans plus tard, le 19 décembre 2009, le pape Benoît XVI proclame le décret reconnaissant Pie XII comme vénérable[113]. Cette étape précède celle de la béatification. Cette dernière est maintenant conditionnée à la reconnaissance d'un miracle, ayant eu lieu après la mort de Pie XII, et attribué à son intercession[112]. De plus, le Vatican a laissé entendre, il y a quelques mois, que Pie XII ne serait pas béatifié avant l'ouverture complète des archives de son pontificat, procédure qui requiert des années de travail[114]. L'avancée du processus de béatification provoque une controverse à raison de la passivité prêtée à Pie XII pendant la guerre. L'historien juif Serge Klarsfeld écarte les critiques et soutient la décision de Benoît XVI tout en regrettant que toutes les archives ne soient pas encore ouvertes.[115].

Notes et références [modifier]

Blason de Pie XII à l'église Saint-Eberhard de Stuttgart
  1. Pie XII, Andrea Tornielli, éditions Tempora, cité dans le journal Valeurs Actuelles, n.3743 p.60 (août 2008) [archive]
  2. Il fera un bon pape, propos rapporté par le cardinal Domenico Tardini dans son livre Pie XII, en 1959
  3. Owen Chadwick, Britain and the Vatican during the Second World War, p. 35 et suivantes
  4. a, b, c et d Théo, l'encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.504
  5. a et b Le dogme de l'Assomption, présentation sur le site du diocèse d'Arras [archive]
  6. Catéchisme de l'Eglise catholique, Ed. Pocket, 1998, section annexe Guide de lecture par les évêques de France, p.943
  7. (en) Archevêque Malcolm Ranjith, Avant propos au livre True Development of the Liturgy [archive]
  8. Sous-titre de l'encyclique Humani generis [archive].
  9. Edouard Glottin, La Bible du Coeur de Jésus, Ed. Presses de la Renaissance, 2007, p.416
  10. Voir aussi traduction en ligne sur labibleducoeurdejesus.com [archive]
  11. Pie XII, Encyclique Haurietis Aquas in Gaudio, 1956
  12. http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/speeches/1951/documents/hf_p-xii_spe_19511029_ostetriche_it.html
  13. J. M. recension de McClory Robert - Rome et la contraception. Histoire secrète de l'encyclique Humanae Vitae, Population, 1999, vol. 54, n° 2, pp. 354-356. url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pop_0032-4663_1999_num_54_2_7012Consulté le 28 décembre 2009
  14. (en) Is Natural Family Planning a Heresy? [archive]
  15. (es), Pie XII, Discurso sobre el parto sin dolor, Acta Apostolicae Sedis 48 (1956) 82-93 http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/speeches/1956/documents/hf_p-xii_spe_19560108_parto-indolore_sp.html#_edn*
  16. Le site bioethique.net [archive] propose une liste de ces interventions
  17. Allocution du 13 mai 1956 [archive] sur le site de l'Église catholique en France.
  18. Cette affirmation est ainsi rappelée dans l'encyclique Evangelium Vitæ du pape Jean-Paul II
  19. S. S. Pie XII, « Les preuves de l’existence de Dieu à la lumière de la science actuelle de la nature », discours prononcé à l’Académie pontificale des sciences le 22 novembre 1951, trad. parue dans La Documentation catholique, no 1110 (16 décembre 1951) Citation vue sur le site Le débat cosmologique [archive]
  20. Discours prononcé par S. S. Pie XII lors du congrès de l’union astronomique internationale à Rome (Italie), le 7 septembre 1952, trad. française dans La Documentation catholique, no 1131 (5 octobre 1952)
  21. Le débat cosmologique [archive]
  22. Théo, l'Encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.495
  23. Zenit, Messe pour les 50 ans de la mort de Pie XII, 10 octobre 2008 [archive]
  24. Théo, l'Encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.647
  25. Théo, l'encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.541
  26. Théo, l'encyclopédie catholique pour tous, Ed. Mame, 2009, p.503
  27. R. Ladous, Pie XI et l'Académie pontificale des sciences, Ed. Revue de l'Ecole française de Rome, Rome, (1972), présentation en ligne sur Cat.inist [archive]
  28. (en) Discourses of the Popes, from Pius XI to John Paul II to the Pontifical Academy of the Science 1939-1986, Ed. Vatican City
  29. (en) Bernard Pullman, The atom in the history of human thought, Oxford Univ. Press, 1998, p.317-321
  30. Summi pontificatus [archive].
  31. Pie XII, Message de Noël 1939 sur Radio Vatican
  32. Claudio Rendina, I Papi, Storia e segreti, Newton Compton Editori, Roma, 1983, p. 797.
  33. (en) « Day 27 of the Winter War, December 26, 1939 » [archive], site des Forces armées finlandaises.
  34. Martin Gilbert, The Second World War, p. 40.
  35. Dalin, David G. The Myth of Hitler's Pope: How Pope Pius XII Rescued Jews from the Nazis. Regnery Publishing. Washington, 2005. ISBN 0-89526-034-4. p. 76.
  36. Prof. John S. Conway: The Vatican, the Nazis and Pursuit of Justice.
  37. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1136
  38. McInerny, 2001, p49.
  39. Cette entrevue est rapportée par le New York Times du 13 Mars 1940. Le titre est "The Pope is emphatic about just peace" et le sous-titre "Jews rights defended" (les droits des Juifs défendus). L'article parle du "Hitler's Canossa" et précise dans le paragraphe "les droits des juifs défendus" que « le Souverain Pontife, en propos incendiaire (burning words), parla à Mr von Ribbentrop des persécutions religieuses, et pris la défense des juifs d'Allemagne et de Pologne »
  40. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951, pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0)
  41. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1137.
  42. Perl, William, The Holocaust Conspiracy, p. 200.
  43. Phayer, 2000, p. 5.
  44. Michael R. Marrus et Robert O. Paxton, 1981, Vichy France and the Jews, New York: Basic Books, p. 202.
  45. Delpech, Les Églises et la persécution raciale, p. 267.
  46. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
  47. John F. Morley, 1980, Vatican Diplomacy and the Jews during the Holocaust, 1939-1943, New York: KTAV, p. 75.
  48. Phayer, 2000, p.5
  49. Israel Gutman (ed.), Encyclopedia of the Holocaust, vol 2, p. 739.
  50. Ronald Rychlak, Hitler, the War, and the Pope, pp. 414-415, n. 61.
  51. [1] [archive]
  52. Perl, William, The Holocaust Conspiracy, p. 206.
  53. Perl, William, The Holocaust Conspiracy, p. 206.
  54. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
  55. Mary Ball Martinez. 1993. "Pope Pius XII and the Second World War". Journal of Historical Review. v. 13.
  56. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1137.
  57. Lapide, 1980, p. 139.
  58. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1137.
  59. Phayer, 2000, p. 27-28.
  60. S. Friedlander, p. 121.
  61. « centinaia di migliaia di persone, le quali, senza veruna colpa propria, talora solo per ragione di nazionalità o di stirpe, sono destinate alla morte o ad un progressivo deperimento. » Pie XII, Con sempre nuova freschezza, 24 décembre 1942, texte intégral en ligne sur le site du Vatican [archive], consulté le 14 avril 2008
  62. New York Times, 25 décembre 1942, p. 16, éditorial intitulé The Pope's verdict. Début de cet éditorial : « No Christmas sermon reaches a larger congregation than the message Pope Plus XII addresses to a war-torn world at this season. This Christmas more than ever he is a lonely voice crying out of the silence of a continent. The pulpit whence he speaks is more than ever like the Rock on which the Church was founded, a tiny island lashed and surrounded by a sea of war. » Site du New York Times [archive]. Le même journal écrit le 18 mars 1998 : « Une enquête complète sur la conduite du pape Pie XII est nécessaire... Il revient maintenant à Jean Paul II et à ses successeurs de franchir un nouveau pas vers la pleine reconnaissance de la faillite du Vatican à s’opposer correctement au mal qui a balayé l’Europe ». Référence : fin du texte sur le site du New York Times [archive].
  63. Friedlander, p 128.
  64. Hilberg, Raul, The Destruction of the European Jews, p. 315.
  65. Harold H. Tittmann, Inside the Vatican of Pius XII, New York, Doubleday, 2004, pp. 122-123; cité par le P. Pierre Blet, S.J., Pie XII et la Seconde Guette mondiale, Perrin, Tempus, 2005, p. 322.
  66. http://www.la-croix.com/Pie-XII-le-pape-que-n-aimait-pas-Hitler/article/2406912/55352 [archive] Article de La Croix faisant mention de cet épisode
  67. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la seconde guerre mondiale, archives du Vatican.
  68. Gilbert, Martin, The Holocaust, p. 623
  69. Témoignage de Emanuele Pacifici D'après dépêche de Zenit.org [archive]
  70. Témoignage Mgr Giovanni Ferrofino D'après dépêche de Enlignetoi.com sur le symposium international sur le pontificat de Pie XII, organisé par la Fondation américaine Pave the Way Foundation (PTWF) de New York, ouvert lundi 15 septembre 2008, à Rome [archive]
  71. Gutman, Israel, Encyclopedia of the Holocaust, p. 1138.
  72. "the sufferings [...] endured on account of [...] national or racial origin", Margherita Marchione, "Yours is a Precious Witness, Memoirs of Jews and Catholics in Wartime Italy", Paulist Press 1997 p.147
  73. Gilbert, Martin, The Holocaust, p. 701.
  74. Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide
  75. Judith Cabaud, Eugenio Zolli, prophète d'un monde nouveau, François-Xavier de Guibert, 2002
  76. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951, pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0)
  77. Philippe Chenaud, Pie XII, diplomate et pasteur, éditions du CERF, 2003, pp. 11-12.
  78. Léon Poliakov, Bréviaire de la haine, le IIIe Reich et les Juifs, Calmann-Lévy, 1951, ISBN 2-266-05324-8
  79. Note reproduite dans le Bréviaire de la haine, p. 342 de la réédition Presses Pocket, 1993
  80. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Le Monde juif, nos 38-39, Décembre 1950-Janvier 1951, pp. 11-14 et 3-5 ; repris dans Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 80
  81. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 82.
  82. Léon Poliakov, « Le Vatican et la question juive », in Sur les traces du crime (pp. 77-93), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0), p. 81.
  83. R.P. P. Blet s.j., Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, Éd. Perrin, 1997, p. 323.
  84. Article sur le site Convertissez-vous.com [archive] analysant les travaux de Lapide et Blet.
  85. Philippe Chenaud, Pie XII, diplomate et pasteur, éditions du CERF, 2003, p. 12.
  86. Tome 2 : Les années d'extermination (1939-1945), trad. en français parue chez Seuil en 2008, pp. 694-705, et al.
  87. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 694 (l'italique est dans le texte).
  88. Lire : des actes visant l'église catholique en Allemagne. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 695.
  89. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 695.
  90. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 696.
  91. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 696-697
  92. a et b S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 697.
  93. S. Friedländer, Les années d'extermination, p. 697-698.
  94. David Dalin, Pie XII et les Juifs. Le mythe du pape d'Hitler, Éditions Tempora, 2007 ISBN : 2916053115 Voir la présentation [archive]. Voir également Pie XII, «pape de Hitler»? [archive], recension critique du titre, par Menahem Macina.
  95. María Seoane, El último misterio de Eva Perón [archive], El Clarin, 23 janvier 2005. Voir, en anglais, Sergio Rub, The lady vanishes [archive], The Tablet.
  96. Léon Poliakov, « Pie XII, les nazis et les Juifs : À propos de la querelle du “Vicaire” », in L'Arche, octobre 1963. Repris dans L. Poliakov, Sur les traces du crime (pp. 95-108), éd. Berg international, 2003 (ISBN 2-911289-56-0) p. 95.
  97. Charles F. Delzell, « Pius XII, Italy, and the Outbreak of War », Journal of Contemporary History, vol. 2, no 4 (octobre 1967) p. 137.
  98. Rolf Hochhuth, Le Vicaire, éditions du Seuil, 1963, pp. 257-310.
  99. Récit de Ion Mihai Pacepa sur ses anciennes activités à la DIE [archive] (services d'espionnage roumains) dans la National Review ; voir également : (en)KGB intent on linking Pius XII with Nazis, says former spy [archive].
  100. Le directeur de l'Osservatore Romano explique à l'occasion de la publication de son livre à la défense de Pie XII [archive] qu'il y voit notamment la reprise des accusations portées par Mikhail Markovich Scheinmann dans son livre de 1954 Der Vatican im Zweiten Weltkrieg (« Le Vatican dans la seconde guerre mondiale ») [archive], d'abord publié en russe par l'Institut historique de l'Académie soviétique des sciences.
  101. Un article d'actualités en date du 19 février 2007 sur le site Catholique.org [archive]
  102. "The Defamation of Pius XII" de Ralph McInerny, 2001, p155.
  103. Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale, Vol. X, Page 292.
  104. Article du Père jésuite Gumpel, paru sur l'hebdomadaire catholique anglais The Tablet du 13 février 1999 [archive]
  105. Le Pape Pie XII et le Diable [archive]
  106. Article sur aidh.org sur la Commission mixte [archive]
  107. "Compréhensible et justifiée", la demande d'ouverture des archives de Pie XII [archive], dépêche sur le site de l'agence ZENIT
  108. « Polémique autour du rôle de Pie XII dans la Shoah » [archive], Le Nouvel observateur, 12 avril 2007 et (en) The controversy about Pius XII and the Holocaust is still open [archive].
  109. « Polémique autour du rôle de Pie XII dans la Shoah » [archive], Le Nouvel observateur, 12 avril 2007.
  110. (en) « Vatican agrees to attend Holocaust memorial service » [archive], Ynetnews.com, 15 avril 2007.
  111. a et b Jean-Marie Guénois, « Benoît XVI hésite encore à béatifier Pie XII », dans Figaro en ligne, octobre 2008 [texte intégral [archive]] 
  112. a et b Isabelle de Gaulmyn, « Benoît XVI souhaite que le processus de béatification de Pie XII se poursuive », dans La croix en ligne, octobre 2008 [texte intégral [archive]] 
  113. Agence Reuters, « Jean Paul II et Pie XII sur la voie de la béatification », dans L'Express en ligne, décembre 2009 [texte intégral [archive]] 
  114. (fr) Pie XII et Jean-Paul II déclarés "vénérables", avant-dernière étape avant leur éventuelle béatification [archive] sur Famille chrétienne, 21 déc 2009. Consulté le 22 déc 2009
  115. lepoint.fr, 23 décembre 2009 [archive]. En particulier : « Pie XII a joué un rôle déterminant contre Hitler, mais aussi dans la lutte contre le communisme en Europe de l’Est. »

Bibliographie [modifier]

Statue de Pie XII à Fatima Portrait de Pie XII à la fin de sa vie Tombe de Pie XII à Saint-Pierre de Rome
  • Pierre Blet, sj, Pie XII et la Seconde Guerre mondiale, d'après les archives du Vatican.
  • Jean Chélini, L'Église sous Pie XII, Fayard, 1983 et 1989 (ISBN 2213015953) ;
  • Philippe Chenaux, Pie XII, diplomate et pasteur, Cerf, coll. « Histoire », 2003 (ISBN 2204071978) ;
  • John Cornwell, Le Pape et Hitler. L'histoire secrète de Pie XII, Albin Michel, 1999 (ISBN 2226109803) ;
  • Michael F. Feldkamp, Pius XII. und Deutschland, Göttingen 2000, ISBN 3-525-34026-5 (Critique (en allemand) sur le site de l'université Humboldt de Berlin) ;
  • Rolf Hochhuth, Le Vicaire, traduit de l'allemand par F. Martin et J. Amsler (titré Der Stellvertreter en allemand), Seuil, Paris, 1963, réédité dans la même traduction et avec une pagination comparable, par le même éditeur, en 2002, (ISBN 2-02-001316-9) ;
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre Mondiale à la Guerre Froide (1914-1955), Armand Colin, 1996 (ISBN 2200216416) ;
  • Pinchas E. Lapide, Rome et les Juifs, Seuil, 1967 ;
  • Mgr Yves Marchasson, Les Papes du XXe siècle, Desclée, coll. « Bibliothèque d'histoire du christianisme », 1990 (ISBN 2718905255) ;
  • Andrea Riccardi, Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, Paris, 2003 (ISBN 2-213-618577)  ;
  • Sr Pascalina Lehnert, Pie XII, mon privilège fut de le servir, Téqui, 1982 (ISBN 2852447207) ;
  • Robert Serrou, Pie XII, le pape-roi, Perrin, 1992 (ISBN 2262006830) ;
  • Lionel Richard, Nazisme et barbarie, Éditions Complexe, 2006 (ISBN 2-8048-0074-1) ;
  • Sergio Romano, La Foi et le Pouvoir : Le Vatican et l'Italie de Pie IX à Benoît XVI, Buchet-Chastel, 2007 Résumé en ligne
  • Henri Fabre, L'Église catholique face au fascisme et au nazisme, Les outrages à la vérité, Bruxelles, EPO, 1995 ;
  • David Kertzer, Le Vatican contre les Juifs - Le rôle de la papauté dans l'émergence de l'antisémitisme moderne, Robert Laffont, 2003 (ISBN 2-2210-9607-X) ;
  • Ciampa, Leonardo, Pope Pius XII: A Dialogue, AuthorHouse, 2007 (ISBN 1-425-97766-9) ;
  • Giovanni Miccoli, Les Dilemmes et les silences de Pie XII. Vatican, Seconde Guerre mondiale et Shoah, traduction en français, Complexe, Coll. IHTP/CNRS, 2005, Bruxelles, de l’ouvrage italien publié par Rizzoli, 2000, Milan ;
  • Rabbin David Dalin, Pie XII et les Juifs, le Mythe du Pape d'Hitler, Tempora, 2007 (ISBN 2916053115) ;
  • Olivier Rota, « Les ‘silences’ du pape Pie XII : genèse et critique d’un procès biaisé », Revue d’histoire ecclésiastique, Louvain, vol. 99 (3-4), juillet-décembre 2004, p. 758-766 ;
  • Alexis Curvers Pie XII le Pape outragé 1ère édition: éditions Robert Laffont, 1964 ; deuxième édition aux éditions Dominique Martin Morin, 1988 ;
  • Michel de Kerdreux L'Amour face à la haine : Pie XII, pontife méconnu, 1940-1946, éditions Résiac, 1974 ;
  • Andrea Tornielli Pie XII - Biographie, Tempora - éditions du Jubilé, 2009 (ISBN 978-2866794934)
  • Harold H. Tittmann, Inside the Vatican of Pius XII, The Memoir of an American Diplomat During World War II, Doubleday, 2004.
Par SANKARA - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 23:28

Le mensonge est l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité (dans ce dernier cas on parle plus particulièrement de mensonge par omission). Cela peut aussi caractériser un énoncé non sincère. Il ne faut pas le confondre avec la contre-vérité, qui désigne simplement des affirmations inexactes sans préjuger du fait que leur auteur le sache ou non. Le mensonge est une forme de manipulation qui vise à faire faire à l'autre ce qu'il n'aurait pas fait, s'il avait su.

Plus précisément, le mensonge consiste à dire le contraire de sa pensée dans l'intention de tromper. L'intention de tromper permet de distinguer le mensonge des usages faux de la parole fait dans le but de divertir ou par pur procédé rhétorique comme dans le cas de la litote.


Généralités

L'opposition vérité et mensonge est courante. La vérité étant une notion parfois difficile à définir de manière absolue, la notion de mensonge est elle-même floue. Le dicton toute vérité n'est pas bonne à dire renvoie aussi à l'idée que, peut-être, toute vérité n'est pas bonne à entendre et entraîne ainsi un bon mensonge, au moins par omission.

Morale et religion distinguent traditionnellement quatre sortes de mensonges :

  • Le mensonge joyeux, énoncé pour plaisanter ou se moquer quelque peu. Il est distingué toutefois lui-même de la simple plaisanterie de circonstance où les deux parties sont de connivence sans ambiguïté sur le fait que l'information mentionnée est fictive : morale comme religion cessent dès lors d'être concernées.
  • Le mensonge officieux, que l’on énonce pour rendre service à autrui ou à soi-même. Ce mensonge est alors considéré comme plus ou moins grave, selon ce dont il s’agit et en fonction des circonstances qui l’accompagnent. Quand le mensonge officieux ne contient aucun élément nuisible, le sage ne le blâme pas chez autrui ; mais il l'évite pour lui-même.
  • Le mensonge pernicieux, qui a non seulement l'effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge parfois nommé par la littérature mensonge malicieux, est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois. Ce point est commun aux cultures occidentale et chinoise.
  • Le "mensonge blanc", qui vise à ne pas heurter autrui mais qui, néanmoins, lui ravit son autonomie ; aussi appelé "mensonge pour ne pas faire de peine".

Causes du mensonge [modifier]

Le mensonge peut être inspiré par :

 

  • l'amour de soi
  • la recherche de déstabilisation (qui peut être à des fins dites joyeuses ou pernicieuses)
  • la peur
  • le mépris
  • l'orgueil
  • la jalousie
  • la haine
  • l'égoïsme
  • l'appât du gain, etc.
  • l'affection
  • l'amour (pour protéger l'être aimé, également vrai pour l'amitié)

 

Le mensonge et la vie sociale [modifier]

On présente souvent le mensonge comme un mal. Dans une relation humaine libre, il n'a pas sa place. On peut par contre reconnaître son utilisation dans le cas où on doit agir pour sa propre survie physique ou psychologique ou, à défaut d'autres moyens, pour s'adapter à un environnement donné. Tout dépend des situations, des forces en présence voire des cultures. Il ne faut pas non plus confondre mensonge et pudeur qui elle, a pour but de ne pas agresser son interlocuteur, de faire passer la parole avant les actes et de rechercher une communication harmonieuse plutôt qu'une victoire. Ainsi, la pudeur, le fait de se vêtir, retenir une réaction primaire, c'est cacher son corps ou certaines émotions donc ses réactions instinctives (hérissement des poils, érection du sexe masculin, contrariété), ce qui permet de faire passer la parole avant l'instinct ; on parle avec le langage avant de parler avec le corps, on considère une personne comme un égal avant de la considérer comme un partenaire sexuel ou un rival.

Bernard Stiegler, dans son livre Aimer, s'aimer, nous aimer — du 21 avril au 11 septembre, considère, lui, que le mensonge est la pierre fondatrice des sociétés. Par exemple, selon lui, l'adoption universelle de calendrier grégorien est un mensonge puisque les différents peuples feignent d'accepter la naissance du Christ comme élément initial, mais cela permet les échanges entre les peuples, la construction de conventions communes.

Politesse, diplomatie et vie de couple [modifier]

La politesse peut toucher dans certains cas au mensonge, ou au moins à une certaine hypocrisie : le « bonjour-au revoir » accompagné parfois d'un sourire feint, les discussions entre voisins que l'on affecte de trouver passionnantes pour ne pas vexer, etc. L'étiquette, les règles de conduite en bonne société, relèvent de la même logique (voir aussi les notions japonaise omote et ura), ainsi que la diplomatie. Ces comportements à plus d'une occasion insincères ne reflètent pas une relation vraie, bien qu'ils soient utiles à la société, et parfois même — à condition qu'il s'agisse de l'exception et non de la règle — à l'intérieur d'un couple. Ils constituent comme un ciment de leur continuité. Pour Jacques de Bourbon Busset (L'amour durable), toute relation conjugale profonde doit comporter par respect de l'autre ce type de mensonge officieux : celui-ci loin de constituer une injure à l'autre, lui épargne au contraire les conséquences non signifiantes d'une baisse momentanée de ses propres sentiments; c'est pour lui l'expression de cette baisse, quand elle ne traduit pas une réalité durable et profonde, qui serait au contraire mensongère.

Éducation des enfants [modifier]

Les parents demandent souvent aux enfants de ne pas leur mentir. Quand les enfants pressentent que la vérité va attrister une personne, ils sont pourtant tentés de mentir pour lui éviter cette peine. Une attention particulière sera donc importante si on désire habituer ses enfants à des relations de sincérité. Alice Miller, docteur en philosophie et psychanalyste, a beaucoup écrit sur le sujet au cours de ses vingt années de recherche sur l'enfance.

Droit [modifier]

Le droit (ensemble de textes destinés à réguler la société), moins exigeant que la morale ne réprime universellement le mensonge que s'il est émis lors d'un témoignage sous serment. Le droit français, lui, précise les cas précis où il est inacceptable :

  • clause contractuelle,
  • but d'extorsion de faveurs
  • falsification d'un document officiel (faux et usage de faux)
  • et, comme partout, témoignage devant un tribunal. Cependant, en droit français l'accusé, lui, n'est pas un témoin : il ne prête pas serment et, s'il ment pour sa défense, il appartient au juge seul d'en tenir compte ou non dans son verdict.

Le droit peut en revanche condamner l'énoncé de la vérité,

  • pour protéger la vie privée — toute vérité n'est pas publique
  • quand il s'agit d'une vérité tronquée pouvant induire en erreur (voir : Diffamation)
  • lorsque l'opinion énoncée peut provoquer un trouble à l'ordre public.

Le droit ne voit donc pas toujours la sincérité comme une qualité. Il n'a d'ailleurs pas vocation, contrairement à la morale, à s'occuper des qualités. Chaque système a ses règles.

Limites raisonnables de la franchise [modifier]

Deux pièces classiques illustrent les menus inconvénients que peut présenter une franchise sans compromis : Le Misanthrope, de Molière ; Les Sincères, de Marivaux.

On peut également en trouver un exemple dans un chapitre de Zadig de Voltaire (épisode du cheval du roi et du chien de la reine).

Problématique du mensonge officieux [modifier]

Paroles et action [modifier]

Le mensonge officieux semble parfois acceptable dans les cas où il peut, par exemple, sauver une vie (ou la qualité de la fin d'une vie). S'il est dans ce cas plus ou moins admis de faire un mensonge qui ne touche qu'aux faits, la recommandation morale est plutôt de garder le silence plutôt que de répondre de façon insincère.

Cas du mensonge par omission [modifier]

Cicéron recommande une morale bien plus stricte : dans Des devoirs, il n'autorise même pas le marchand à taire une situation qui, passée sous silence, lui permettrait de vendre à prix plus élevé. Il donne explicitement l'exemple du navire chargé de céréales qui arrive dans une ville où il y a famine et dont le capitaine ou l'armateur sait que d'autres le suivent en grand nombre. Cicéron déclare clairement qu'il est inacceptable sur le plan moral de cacher cette information aux habitants de la ville dans un but, par exemple, de vendre ses céréales plus cher en laissant perdurer la crainte de pénurie.

Analyse du mensonge par omission sur [1] (citation autorisée)

15-6. Le mensonge par omission consiste en diffuser ce qui, parmi le réel ou le probable, convient aux fins poursuivies, tout en omettant ce qui nuit à ces fins. Comme ce qui est affirmé est vrai, ou du moins pos­sible, son image est acceptée dans les croyances. Mais comme cette image manque de ce qu'on omet, les associations mentales de la cible remplis­sent les blancs, transforment les omissions en non-existence, et lient cette non-existence à la croyance, avec l'intensité de croyance en ce qui est accepté.

Le mensonge par omission apporte donc double bénéfice à l'action de communication: une mémorisation de ce qui convient au communicateur, plus la négation de ce qu'il veut qu'on ignore.

[.....]

Un avantage important du mensonge par omission est qu'il n'est pas facile à déceler.

En effet, le menteur par omission ne semble pas mentir, surtout si on croit naïvement que "mentir" se limite à affirmer ce qu'on sait faux, et n'inclut pas le refus d'énoncer ce qu'on sait vrai et im­por­tant.

Or ce refus est difficile à prouver, car il ressemble à d'autres omissions de ce qui est vrai.

En effet: 1) On peut ignorer une partie du vrai, par malchance ou incompétence; 2) On peut ignorer ou sous-estimer l'importance d'une partie du vrai, et donc préférer occuper le temps limité des messages à diffuser d'autres vérités. Alors, le mensonge par omission peut être accompli impunément : on ne pourra pas prouver que le communicateur savait ce qu'il n'a pas dit, ni surtout prouvé qu'il savait important ce qu'il n'a pas dit ou ce qu'il a empêché de dire. Le mensonge par omission est donc un mode de communication favori des manipulateurs du public.

La grande extension de cette pratique a d'ailleurs une conséquence souvent comique: la langue de bois des politiciens et journalistes. En effet, l'efficacité du mensonge par omission nécessite que ce qui a été omis reste omis durant toute l'action médiatique en cours. Et puisque ces actions poursuivent souvent des buts à long terme, les vérités à omettre s'accumulent: On arrive peu à peu à une situation déjà décrite dans Le Barbier de Séville, où les médias doivent omettre tant de sujets qu'ils se limitent à traiter de météo, de sport, de l'étranger, de l'huma­nitaire, et de toutes les demi-vérités qu'ils sont chargés d'imposer.

Problématique du mensonge joyeux [modifier]

Le sage est censé s'interdire le mensonge joyeux parce que celui-ci sacrifie à un jeu l'autorité de la parole qui, conservée, peut quelquefois être utile à autrui.

Il ne s'interdit pas pour autant la fiction avouée et il lui arrive naturellement de citer des paraboles, des fables, des symboles ou des mythes en les rappelant tels.

Le mensonge joyeux embarrasse cependant le moraliste, inquiet de laisser fléchir la règle de véracité.

Il n'est certes pas inspiré par le motif de nuire, et celui de distraire et d'amuser un moment semble fort légitime. La frontière est parfois ténue entre badinage de bon aloi et mensonge joyeux proprement dit ; entre la « blague » et la « farce ».

  • La blague, annonce ses exagérations et ne cache pas son intention de simplement amuser. Elle n'a de contre-vérité que la forme. Le « blagueur » serait le premier ennuyé qu'on le prît au sérieux et que l'on fondât quelque décision grave sur sa fantaisie.
  • La farce cherche bien, fût-ce provisoirement, à tromper véritablement quelqu'un, en l'amenant, par exemple, à une démarche insolite. « Regardez, frère Thomas, il y a là un bœuf qui vole ! », dirent à Thomas d'Aquin deux novices, ravis de le voir se déplacer à la fenêtre pour observer un fait aussi inhabituel. La victime se contenta de leur faire observer qu'il eût été « moins surpris de voir un bœuf voler qu'un religieux mentir ». L'expression est restée.

Bien qu'inoffensive dans son but, la farce devient parfois offensante. Si tous n'admettent pas d'en être victimes, cela laisse entendre qu'elle n'est point nécessairement sans reproche. Si une jeune femme annonce à sa famille l'arrivée de son premier enfant pour expliquer ensuite qu'il n'en est rien, son comportement sera considéré non seulement inhabituel, mais franchement indélicat.

Le mensonge joyeux, pour léger qu'il soit, demeure un déguisement de la pensée, et — même anodin — déconcerte la sincérité. Il devient inacceptable s'il aboutit à la dérision inopportune de celui aux dépens duquel elle s'exerce. La farce répétitive finit d'ailleurs par lasser et ses auteurs finissent par provoquer une réaction de défiance même lorsqu'ils veulent parler sérieusement, méfiance reprise dans l'expression « crier au loup ».

Le roman d'Umberto Eco Le Nom de la rose présente le cas extrême du moine Jorge, s'opposant à Guillaume de Baskerville sur la distinction entre simple plaisanterie et mensonge joyeux, que Jorge refuse d'admettre. En conséquence, Jorge refuse toute forme de rire qu'il considère comme non chrétienne, au motif qu'un homme bon ne devrait jamais se moquer. Guillaume de Baskerville lui explique qu'il trouve sa position excessive. Des disputes de cet ordre ont été monnaie courante au Moyen Âge en Europe (voir Disputatio).

Les traditions populaires sont également le cadre de mensonges délibérés, à vocation exutoire. On peut retenir à titre d'exemple cette Cansoun dei mensònegai (Chanson des mensonges) connue de l’Occitanie au Piémont.

Positions particulières [modifier]

Catholicisme [modifier]

  • Les mouvances catholiques citent volontiers une recommandation de l'évangile : « Que votre oui soit oui et que votre non soit non. Tout ce qui est rajouté vient du Démon ». (Matthieu 5, 37). En d'autres termes, jurer est inutile car un chrétien ne doit de toute façon pas mentir.
  • La vérité est présentée comme un bien important dont chacun a besoin pour éclairer et régler, d’une façon juste, les jugements de son intelligence et pour guider, d’une façon sûre, la conduite de sa volonté.
  • L'aspect social, voire conjugal, est également mentionné : des relations correctes ont besoin de la franchise, de la confiance mutuelle et de la sincérité.
  • La notion de « pieux mensonge », pour utiliser la terminologie profane, n'est pas acceptée.
  • Les milieux traditionalistes se référent parfois à « La langue qui ment est abominable devant Dieu ! » (Proverbes 12,22), « Dieu hait les menteurs ! » (Psaumes) et, dans l’Apocalypse : « La place des menteurs est dans l’étang de soufre et de feu ! ».
  • La qualification de menteur est en quelque cas que ce soit considérée comme avilissante, contrairement :
  • l’hypocrisie est considérée comme du « mensonge en action » : elle consiste en effet à agir autrement qu’on ne pense, et constitue donc une fausseté. On rappellera le peu d'aménité de Jésus pour les Pharisiens qu'il traite même de « Sépulcres blanchis » et de « loups ravisseurs ». (Matthieu 23,27 ; et 7,15.)

Confucianisme [modifier]

  • Confucius réprouve le mensonge, mais estime qu'on devra le tolérer pour les marchands, sans quoi ceux-ci ne pourront gagner leur vie (!).
  • Lao-Tseu ayant professé que le jeune homme vertueux n'hésite jamais à dénoncer toute malversation, quand bien même son propre père la commettrait, Confucius s'inscrit en faux : Un fils n'a pas à dénoncer son père, le maximum qu'il puisse faire envers un parent qu'il désapprouve étant de ne pas suivre son exemple. Remarquons qu'il s'agit dans ce cas précis d'un « simple » mensonge par omission.

Mensonge et témoignage [modifier]

« Lorsque l'individu fait face à un événement qui l'amènera à témoigner, il sélectionne, construit ou reconstruit les différents éléments de la scène autant qu'il les emmagasine en mémoire », indiquent les psychologues sociaux Alain Bertone, Marc Mélen, Jacques Py et Alain Somat dans Témoins sous influences. Comparé à la réalité, ce que le témoin certifie être véridique aura ainsi été à son insu modifié, remodelé, rationalisé pour être rendu plus cohérent et plus acceptable.

Dans les cultures judaïque et chrétienne, le faux témoignage est interdit par le Décalogue. Ce type de mensonge possède des circonstances très aggravantes, puisqu’il est effectué devant un tribunal et après avoir prêté le serment de dire la vérité ! Religion, mœurs et Droit s'accordent ici à reconnaître que tout citoyen requis par un juge légitime est tenu, en conscience, de dire la vérité lorsqu’il est requis pour porter un témoignage à la Justice.

Toutefois, sont dispensés de ce témoignage :

  1. les professionnels, tenus au secret du même nom ; en termes de droit même son client ne peut délier un professionnel de son devoir de secret — sans quoi ne pas le faire aurait de sa part valeur d'aveu, et altérerait cette notion de secret (un patient ne demandant pas à son médecin de famille un dossier médical pour le communiquer à un employeur potentiel serait suspecté de cacher des éléments de santé, ruinant par le même coup toute possibilité de secret effectif) ;
  2. les confesseurs, à l’égard de leurs pénitents, sont tenus au même secret, mais sans couverture par le Droit ; leur devoir professionnel est de se laisser condamner eux-mêmes s'il le faut plutôt que de révéler quoi que ce soit ; le cas s'est vu dans la deuxième moitié des années 1970 en France, et bien plus tôt avec Jean Chrysostome (« saint-Jean-bouche-d'or » dans le langage populaire) ;
  3. les proches parents de la personne accusée (voir également Confucius, opposé à Lao-Tseu sur la question).

L'auteur d'un faux témoignage a l'obligation morale de :

  1. rétracter son témoignage devant les juges ;
  2. réparer les torts faits à l'accusé dans sa réputation et dans ses biens.

Psychologie du mensonge [modifier]

Motivation [modifier]

La psychologie sociale retient quatre motivations au mensonge compris comme forme de dissimulation de sa pensée par un locuteur :

  • préserver ou valoriser son image ;
  • persuader pour obtenir un avantage ;
  • éviter les conflits (diplomatie) ;
  • ne pas peiner son interlocuteur, par sympathie ou tact ; on retrouve ici la catégorie évoquée plus haut du mensonge officieux.

La moyenne des « mensonges » dans cette acception serait, sur un échantillon interrogé, de deux par personne et par jour, avec une égalité entre hommes et femmes, celles-ci se distinguant par un plus grand nombre de mensonge altruiste, alias officieux. On se place dans l'hypothèse que les réponses au sondage aient été elles-mêmes sincères.

Deux types d'émotion interviennent :

  • négatives (désagréables) : crainte d'être découvert comme menteur et culpabilité (on a trahi une confiance, manqué de respect à ses modèles, etc.) ;
  • positive qui l'emporte souvent chez le menteur habituel : un plaisir même éprouvé à mentir, c'est-à-dire de convaincre fallacieusement avec naturel. Ce type de menteur devient maître de ses émotions au point de communiquer aussi aisément des émotions factices que des véritables.

Détection du mensonge [modifier]

Détecter les mensonges fait partie de la communication non-verbale. Les comportements que la tradition attribue au menteur en situation (rougeur, mains moites, regard fuyant...) ne sont pas toujours présents, ne serait-ce que parce que le menteur expérimenté les maîtrise. Comportement curieusement agité, attitudes floues ou équivoques, hésitations, etc., peuvent aussi traduire la simple émotion de se voir suspecté et non le mensonge.

En revanche, des enregistrements vidéo à haute définition laisseraient actuellement percevoir, une fois zoomés, quelques signes inconscients, bien plus discrets et typiques du seul mensonge (crispation de quelques muscles faciaux, en particulier). Cette aptitude à déceler le mensonge demande donc un apprentissage en particulier dans les métiers où la véracité des propos est prépondérante comme les métiers du contrôle (douaniers, inspecteurs, policiers, etc.), de la justice, de la négociation, etc.

Sir Robert Winston, dans une de ses émissions sur la BBC, a mis en évidence une différence entre le sourire social ordinaire, qui fait intervenir deux muscles zygomatiques, et le sourire de réelle joie, qui a pour effet de plisser également les muscles des yeux.

Néanmoins, un entraînement intensif doit permettre de plus ou moins masquer une partie des signes de mensonge. La philosophie populaire dit que si les escrocs présentaient des têtes d'escrocs, ils ne pourraient pas faire ce métier.

Schopenhauer, quant à lui, a philosophé aussi sur ce thème : selon lui, comme un escroc a souvent l'air plus honnête que la moyenne, il est nécessaire de faire semblant de le croire facilement pour qu'il baisse sa garde, afin d'avoir une chance de le voir se trahir.

Références [modifier]

 

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

Cinéma [modifier]

Quelques films avec des mensonges qui font soit le cœur du film soit des mensonges exemplaires

Lien externe [modifier]

Du petit mensonge à la mythomanie

Des rames de RER aux palais présidentiels, le mensonge semble aujourd'hui très répandu dans notre société… Mais quel est le profil du menteur ? Quand passe-t-on d'une petite déformation de la vérité à la véritable mythomanie ? Doctissimo plonge aux racines des contre-vérités et autres omissions…

On se souvient de François Mitterrand qui avait caché son état de santé (et sa fille) ou de Bill Clinton qui n'a jamais eu de relations avec Monica Lewinsky… Mais le mensonge n'est pas la panacée des hautes sphères !

Pas un jour sans mensonge !

Non, le monde qui nous entoure n'est pas très honnête, et nous y sommes pour quelque chose ! Selon une étude1 américaine, les mensonges sont extrêmement fréquents en société. Nous mentons ainsi en moyenne deux fois par jour (lire à ce propos notre article Tous des menteurs). Sur une semaine, un tiers des personnes que nous rencontrons auraient eu droit à une vérité de notre cru… Plus inquiétant, les ados mentiraient une fois sur deux à leurs parents ! Mais il s'agirait la plupart du temps de "gentils mensonges", pour ne pas vexer l'interlocuteur ou éviter le conflit…

Les femmes sont des menteuses

N'en déplaise à ces dames, une autre étude2 anglaise réalisée auprès de 5 000 femmes montre qu'elles seraient de véritables "arnaqueuses" professionnelles. Selon l'enquête, 19 femmes sur 20 reconnaissent mentir à leur conjoint. Et il s'agirait souvent de gros mensonges. Parmi les plus proférés, le fameux "mais non, tu n'es pas gros", qui soit dit en passant, doit certainement être autant prononcé par ces messieurs. Révélation explosive : la moitié des femmes interrogées reconnaissent que si elles tombaient enceintes d'un autre homme accidentellement, elles ne diraient pas la vérité à leur partenaire. Toujours à propos de maternité, elles sont 42 % à reconnaître qu'elles seraient capables de mentir sur leur contraception, dans le but de tomber enceinte malgré l'avis de leur conjoint…

Le téléphone sonne faux

L'arrivée des moyens de communication modernes est un progrès ? Pas si sûr. Car la technique semble avoir facilité le mensonge ! C'est ce que prétendent des chercheurs américains3. Selon eux, les gens mentent beaucoup plus au téléphone qu'en face-à-face. Il est en effet plus facile de proférer des énormités sans avoir à travestir également son attitude et supporter un regard inquisiteur. Mais pour les scientifiques, l'arrivée du mail semble redonner sa place à un peu plus d'honnêteté. En effet, les accros du Web profèrent moins de mensonges. Le courrier électronique permet de prendre le temps de formuler ses réponses intelligemment pour ne pas avoir à mentir. Et surtout, les gens mentent beaucoup moins dès qu'ils savent que leurs affirmations sont enregistrées, classées, et peuvent être ressorties pour les confronter…

Quand le mensonge devient maladie

Fort heureusement, ces petits arrangements avec la vérité sont la plupart du temps sans conséquences. Mais parfois, le mensonge devient une seconde nature, et peut avoir des conséquences plus ou moins graves. Ce comportement porte un nom : la mythomanie. Il a d'ailleurs été illustré récemment par l'affaire de la fausse agression du RER. Quelle est la particularité du mythomane ? Il ne se rend souvent pas compte de ses mensonges, exagérations et dissimulations. Ce trouble peut s'inscrire d'un problème plus vaste : ainsi, la mythomanie est fréquente dans les névroses hystériques. L'aide d'un spécialiste (psychiatre ou psychologue) est alors indispensable. La psychothérapie (parfois associée à des anxiolytiques) permet de remonter aux causes du comportement et de le modifier.

Alain Sousa

1 - J Pers Soc Psychol, mai 1996 ; vol. 70 : p. 979-95.
2 - National Scruples and Lies Survey 2004, menée par le magazine britannique "That's life", décembre 2004
3 - "Deception and Design : The Impact of Communication on Lying Behavior", Jeff Hancock, Communiqué de presse de l'université de Cornell (Etats-Unis), mars 2004.

 

 La psychose hallucinatoire chronique et la mythomanie

 

 Forum Amitiés et relations personnelles
Forum Développement personnel
Forum Relations amoureuses
Forum Mon job au quotidien
Forum Mon meilleur souvenir
Forum Mon pire souvenir

Tout le monde ment !

Nous sommes tous des menteurs, mais c'est indispensable pour vivre en société ! C'est ce qu'affirme Claudine Biland, psychologue sociale, dans son livre Psychologie du menteur. Selon elle, même le couple a besoin de ces petites omissions et contre-vérités. Et les plus hypocrites ne seraient pas ceux que l'on croit…

Doctissimo : Est-on obligé de mentir en société ?

Claudine Biland : Oui, sinon la vie deviendrait vite infernale ! Il y a plusieurs raisons de mentir dans la vie quotidienne. Il y a le mensonge que je qualifierais de subjectif. Par exemple, on ne va pas dire à quelqu'un ce qu'on pense de lui, de sa tenue… Mais il ne s'agit pas d'un mensonge, car qui nous dit que notre avis est le reflet de la vérité ? Donc on tourne sept fois la langue dans sa bouche avant de parler… Mais il y a également le mensonge plus objectif. Par exemple lorsqu'une personne va particulièrement mal et que tout le monde l'a remarqué, on se tait, on ne dit rien pour ne pas aggraver la situation… Mais dans les deux cas, il s'agit de mensonges altruistes ! On ne veut pas blesser l'autre, et même on cherche à lui faire plaisir.

Doctissimo : Mais on peut aussi mentir pour soi ?

Claudine Biland : Bien sûr ! On peut distinguer trois types de mensonges "égoïstes". Le premier : chercher à donner une bonne image de soi. On va un peu exagérer ses qualités et masquer ses défauts. Le deuxième consiste à tenter d'obtenir un avantage, un emploi, vendre à quelqu'un un objet dont il n'a pas vraiment besoin etc. Enfin, le troisième type de mensonge est celui que l'on profère pour éviter une punition, un conflit ou une rupture. Et ces mensonges sont aussi répandus que les mensonges altruistes. Qui n'a jamais tenté de donner de lui une image des plus flatteuses ? Avoir l'air sympathique et attirant permet d'obtenir plus (amis, promotion, flatteries…) que le contraire !

Doctissimo : Est-ce que les mensonges sont si répandus ?

Claudine Biland : Une importante étude a été menée aux Etats-Unis. Il s'agissait d'un questionnaire d'auto évaluation : les gens devaient noter dans un petit journal durant une semaine tous leurs mensonges (en indiquant s'ils avaient été démasqués ou pas). Et en moyenne, les gens déclaraient mentir deux fois par jour. Mais il faut savoir que dans tous les questionnaires et plus particulièrement celui-là, les gens ont tendance à mentir ! Là encore pour donner de soi une image plus flatteuse, en psychologie sociale nous appelons cela "la désirabilité sociale". On peut donc sans risque affirmer qu'avec deux mensonges par jour, on est en deçà de la réalité…

Doctissimo : Le mensonge si répandu en société, existe-t-il dans le couple ?

Claudine Biland : Le début d'une relation amoureuse est rempli de mensonges… Car on a, là encore, envie de donner une bonne image de soi, ce qui est parfaitement compréhensible ! Les chiffres parlent d'un mensonge toutes les trois interactions chez les nouveaux amoureux ! Mais ensuite, le couple est le lieu où l'on ment le moins. Rassurant non ? Cependant, je crois qu'un couple sans aucun mensonge ne durerait pas ! Le plus grave, c'est le mensonge qui va cacher des faits importants, qui peut entraîner l'autre dans une histoire qu'il n'aurait pas souhaitée, en connaissance de cause. Mais là encore, tout est relatif : la personne qui ment le fait parfois parce qu'elle a peur de perdre l'autre et qu'elle tient à la relation.

Doctissimo : Quand est-ce que l'on commence à mentir ?

Claudine Biland : Très tôt, les enfants font des "petites comédies", des "petits théâtres personnels" qui peuvent s'apparenter à des mensonges. Dès trois ans, un enfant peut commencer à dire des mensonges. Il le fait au début pour s'amuser, tester la capacité de ses parents à le démasquer, et éprouver son pouvoir sur le monde qui l'entoure. Plus le temps passe, et plus l'enfant sait mentir. Entre 7 et 9 ans, il est capable de "fabriquer" de fausses expressions faciales, de fausses émotions crédibles pour accompagner son mensonge.

 

Tout le monde ment ! (Claudine Biland) - suite de l'interview

 

Psycho

Les gestes du... menteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

Ce geste est typique d'une personne qui ment. Les micros démangeaisons à la base du nez expriment le mensonge de la personne qui parle. S'il est fait par la personne qui écoute quelqu'un parler, cela signifie qu'elle le prend pour un menteur.

 

En amour, certains gestes sont aussi révélateurs de mensonge : s'il ferme souvent les deux poings en dissimulant ses pouces, ou s'il appuie son index et son majeur sur ses lèvres, coudes en appui, comme s'il fumait une cigarette imaginaire. Il s'agit d'un simulacre de baiser à distance pas forcément affectueux. Au travail, si l'on vous serre la main de manière fuyante, cela peut-être également synonyme de mensonge. Enfin, en amitié, méfiez-vous de celui qui se cure les ongles tout en vous prêtant une oreille distraite !
D'après "Ces gestes qui vous trahissent" de Joseph Messinger

Suite : le simulateur

 

Les gestes du... simulateur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

Se lisser les commissures des lèvres avec le pouce et l'index du haut vers le bas, coudes en appui, révèle un tempérament simulateur (si souvent répété).

 

Si la personne, en position assise, lève souvent ses bras en extension au-dessus de sa tête en affichant un air nonchalant, si elle allume son briquet en protégeant machinalement la flamme de sa main libre dans un endroit clos. Pour les femmes, si elle porte un foulard cachant les cheveux, à la mode paysanne, mais noué sous le chignon ou sous les cheveux, cela peut-être synonyme de simulation. Enfin, si une personne vous accueille en serrant votre main dans les deux siennes réunies : très prisé outre-Atlantique, cela représente la simulation d'une attitude amicale loin d'être ressenti comme telle. Enfin, être assis en ayant les deux mains dans les poche signifie aussi que la personne est un simulateur.
D'après "Ces gestes qui vous trahissent" de Joseph Messinger

Sui

Les gestes du... sensible

 

Les individus qui se tripotent sans arrêt les cheveux appartiennent à une catégorie de personnes dont la sensibilité est à fleur de peau.

 

 

Envoyer à un ami

 

Imprimer cet article

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

D'autres gestes sont révélateur de sensibilité : si elle emprisonne son annulaire gauche dans sa main droite, si elle tient sa cuillère de la main gauche et tourne dans le sens des aiguilles, ou encore si elle grimace en tendant la commissure gauche ou droite de sa lèvre vers la joue correspondante : cela est typique des personnes hypersensibles qui tentent de se protéger avec cette moue.
D'après "Ces gestes qui vous trahissent" de Joseph Messinger

Suite : Le menteur

 

 

Le mensonge implique donc une attitude de mauvaise foi, envers autrui d'abord, mais aussi, en un sens, envers nous-mêmes : car nous nous attachons à paraître extérieurement autre que nous ne sommes en réalité. Il peut même arriver ainsi que nous en venions à nous tromper nous-mêmes : bien souvent, un mensonge engage dans un autre mensonge et, comme l'a écrit VOLTAIRE, « un système de mensonges ressemble plus à la vérité qu'un seul mensonge isolé ». Mais, le plus fréquemment, il y a, à la base du mensonge, une mauvaise conscience, une conscience corrompue jusqu'en ses profondeurs : un être normal ne ment pas « gratuitement », sans raison. Si nous n'avions rien à dissimuler, soit à autrui, soit à nous-mêmes, nous n'aurions aucune occasion de mentir. Le mensonge est toujours inspiré, au fond, par un sentiment que nous ne voulons pas nous avouer : haine ou malveillance à l'égard d'autrui ou bien sentiment de notre propre indignité, d'une tare personnelle que nous cherchons à dissimuler. II. Le mensonge et la morale. A. ? II résulte de là que, dans l'immense majorité des cas, le mensonge est à condamner sans réserve du point de vue moral. ? 1° Du point de vue de la morale personnelle, le mensonge nous dégrade.

Mensonge au féminin en matière de sexe

 

On doit cette étude, datant de 2003, à Alexander et Fisher.

Les Sujets sont 200 célibataires hommes et femmes, âgés de 18 à 25 ans.
Ils devaient remplir un questionnaire concernant leurs attitudes sexuelles (âge de la première relation, nombre de partenaires...)

Les chercheurs disaient à la moitié des participants qu'ils étaient soumis à un détecteur de mensonge via des électrodes au niveau des bras et du cou pendant l'exercice et que cette machine était capable de détecter les mensonges mêmes pour des réponses écrites.
Ils disaient à l'autre moitié que pendant l'exercice, le chercheur qui se trouvait devant la salle pourrait regarder leurs réponses.

Les chercheurs ont donc crée deux conditions:

  1. Dans la première, les sujets remplissent le questionnaire seuls avec une pseudo-machine qui détecte les mensonges.
  2. Dans la seconde, les sujets peuvent plus facilement se laisser aller au mensonge et sont en situation de visibilité sociale.


Les résultats sont les suivants:


Les femmes qui pensaient que leurs réponses pouvaient être lu par d'autres personnes donnaient des réponses plus socialement acceptables que celles qui pensaient être reliées au détecteur de mensonge. En effet, dans la première condition, les femmes déclarent en moyenne 2.6 partenaires sexuels tandis que dans la seconde condition, les femmes déclarent en moyenne 4.4 partenaires sexuels.
Cependant, pour les hommes la différence n'était pas significative entre les deux conditions.


Ces résultats s'expliquent par le fait que dans notre société, les codes culturels veulent que les femmes ne soient pas trop orientés vers la sexualité et multiplies les conquêtes, contrairement aux hommes. C’est pourquoi, elles ont tendance à mentir plus que les hommes sur ces questions pour ne pas être dévalorisées et jugées négativement.

 

Psycho

Moi

Me connaîtrePrendre confiance en moiMon imageMes petits bonheursMes coups de blues

Moi et les autresMes amoursMon jobMon coupleTests et quizTémoignagesAvis de psyTous les articles

 

 

La boutique test

 

 

Questions à l'expert

 

 

Index Psycho

 

 

 

 

Testez votre mémoire

 

Testez votre QI

 

Tous les outils

 

Top 5 des articles
les mieux notés

Fleurs artificielles
Un coup de bluff dans ma déco !

 

Quelle "desperate housewife" êtes-vous ?

 

Mon hiver sans prendre un gramme : 10 trucs infaillibles

 

Moins de kilos et plus d'éclat avec le régime acide-base

 

Pourquoi les étrangers nous trouvent craquantes

 

 

 

 

 

 

 

Lire l'article

 

 

 

LA QUESTION du jour

 

Si vous deviez fêter Noël autrement, vous :

Partiriez au soleil entre copines ou avec votre amoureux

Offririez vos services à une association

Passeriez une soirée comme les autres

 

Accueil / Psycho / Moi / Me connaître

Pourquoi ment-on ?


"C'est pas beau de mentir !" : on nous l'apprend depuis l'enfance et pourtant des mensonges, on en dit à longueur de journée, sans forcément s'en rendre compte. Pourquoi le mensonge fait-il partie de notre quotidien ? Dans quel but ment-on ? Pourrait-on vivre sans mentir ? Quelle est la différence avec la mythomanie ? Explications.

 

 "C'est pas beau de mentir !" : on nous l'apprend depuis l'enfance et pourtant des mensonges, on en dit à longueur de journée, sans forcément s'en rendre compte. Pourquoi le mensonge fait-il partie de notre quotidien ? Dans quel but ment-on ? Pourrait-on vivre sans mentir ? Quelle est la différence avec la mythomanie ? Explications.

Qu'est-ce qu'un mensonge ?
On peut définir le menteur comme quelqu’un qui a l’intention d’abuser d'une personne, sans l'en avertir et sans que son interlocuteur ne lui ait demandé d’agir ainsi. Le menteur connaît la vérité, il a le choix de la dire ou pas. 
On distingue deux attitudes vis-à-vis du mensonge : le mensonge égoïste et le mensonge altruiste.
> Les mensonges égoïstes permettent de :
- Donner une bonne image de soi ou protéger son image aux yeux de son interlocuteur : on exagère un peu ses qualités et on prend soin de masquer ses défauts.
- Obtenir un avantage, un emploi, vendre à quelqu’un quelque chose dont il n’a pas vraiment besoin…
- Eviter une punition (pour un enfant), un conflit ou une rupture (pour un adulte).
> Les mensonges altruistes :
On ment pour ne pas faire de la peine ou pour faire plaisir à quelqu’un. On évite par exemple de lui dire ce qu’on pense de lui, de sa coiffure ou de ses vêtements. Certains psychologues appellent cela des mensonges défensifs, car le but, au fond, est de préserver notre relation avec autrui. On ment par peur d’être privé de l’amour de l’autre. Ceux qui ont tendance à dire tout ce qu’ils pensent sont très sûrs d’eux et ne redoutent pas de perdre cet amour.

Ment-on souvent ?
D'après une étude américaine, on ne mentirait que deux fois par jour… Mais c'est sans compter le fait que l’on a particulièrement tendance à mentir pour répondre aux questionnaires ! L’objectif : donner une bonne image de soi, se faire bien voir. C’est ce qu’on appelle la "désirabilité sociale" en psychologie.

Le mensonge : un acte indispensable ? 
Il est tout simplement impossible de vivre sans mentir. Le mensonge est nécessaire pour la vie en société comme dans des relations plus intimes, en couple par exemple. Mais nous ne sommes pas pour autant des manipulateurs diaboliques ! L’important, c’est de toujours être conscient de l’amoralité du mensonge. C’est ce qui distingue le menteur lambda du vrai bon menteur, chez qui mentir est devenu naturel. Chez lui, le niveau de conscience est faible. De même, on est régulièrement confronté au mensonge des autres, sans forcément s’en rendre compte. Souvent, c’est parce que l’on redoute la vérité que ce mensonge pourrait cacher  et on ne cherche pas à en savoir davantage.

Mentir pour mieux communiquer ?
La majorité des mensonges au quotidien sont des actes réflexes, instinctifs. Mentir fait partie des conventions sociales. L’exemple le plus répandu est sans doute les salutations. On salue son collègue par un "ça va ?", auquel, neuf fois sur dix, notre interlocuteur répond "oui, très bien merci et toi ?". Même si ça n’est pas tout à fait vrai. Ce n’est pas par malhonnêteté qu’il ne dit pas la vérité mais par considération. On prend en compte ce que l’autre est prêt à entendre. C’est une clé pour bien communiquer, selon certains psychologues.
> Et pourtant, d’autres, comme le psychothérapeute américain Brad Blanton, affirment le contraire. Selon lui, il faudrait se défaire du jugement des autres et oser dire ce qui nous passe par la tête, sans aucune censure… Le but : vivre des relations authentiques, mieux se connaître soi-même et mieux connaître les autres… A méditer !

Le mensonge en couple
On a surtout tendance à mentir au début d’une relation amoureuse. Là encore, on veut donner à l’autre l’image la plus flatteuse de soi... Mais par la suite, le couple serait le cadre où l’on mentirait le moins. Pour aller plus loin, on peut dire que mentir par omission ou politesse ne veut pas dire manquer de sincérité. Car vérité et sincérité ne sont pas synonymes. Le mensonge révèle au contraire une autre vérité, plus essentielle aux yeux de celui qui ment.

Menteur dès l’enfance !
Chez l’enfant, le mensonge est une phase de construction. 
> Vers 3 ou 4 ans, l’enfant peut commencer à dire des mensonges. Il réalise qu’il n’est pas "transparent" aux yeux de ses parents et que les adultes ne connaissent pas tout de lui. Au début, c’est donc pour s’amuser, ou tester la capacité des parents à le démasquer. 
> A partir de 7 ans, il assimile le fait qu’il a des pensées secrètes qui n’ont pas toutes besoin d’être dévoilées. Il apprend à fabriquer de fausses expressions faciales, de fausses émotions pour rendre crédible son mensonge. De plus, l’éducation qu’il reçoit lui inculque une première forme du mensonge : le "non-dit" . Par exemple, "on ne parle pas de ces choses-là", "on ne dit pas cela aux gens"… Enfin, il découvre qu’il peut dire autre chose que ce qui est. C’est le mensonge dans son acception courante.

Du menteur au mythomane
On parle de mensonge pathologique s’il s’agit de mythomanie. Les causes de la mythomanie relèvent souvent d’un choc émotionnel, un échec professionnel ou n’importe quel événement dont la portée négative semble impossible à assumer pour la personne qui le vit. Elle fuit la réalité qui la fait souffrir et s’invente un autre monde plus serein, fait de mensonges. Le mythomane n’est pas conscient de son trouble psychique. C’est à son entourage de le convaincre de consulter un spécialiste.



 

 

 

Publié par la rédaction Psycho
le 16/06/2008 10:29:00

Toutes les fiches pratiques Psycho

 

 

 

Magazine > Psychologie

Mythomanie : le mensonge pathologique
On ment parfois pour s’esquiver devant une situation embarrassante ou faire plaisir à quelqu’un. Est-ce que cette habitude est toujours normale ou pourrait prévenir une psychose ?

 

 


Notre vie sociale ne comporte pas les bonnes habitudes seulement, il est lieu également de mauvaises habitudes. Le fait de mentir en une, mais dont le degré varie selon l’âge, la culture, l’éthique ainsi que la psychologie du menteur. Cependant, il s’est avéré que cette habitude n’est pas toujours consciente, et qu’il existe bien des cas qui ne font pas différence entre la réalité et leur propre imagination. Il s’agit plutôt de l’aspect maladif du mensonge qui porte le nom de mythomanie.

Est-ce normal de mentir ?

En effet, le mensonge pourrait être normal pour les adolescents du fait qu’ils sont prédisposés à raconter des histoires non vécues. Cette tendance naît instinctivement de la mentalité enfantine qui cherche de l’expérience pour être plus autonome. Mais si elle persiste après l’âge adulte, elle est signe d’un trouble comportemental.

En addition, on fait souvent recours au mensonge pour faire plaisir à quelqu’un ou présenter ses qualités lors des premières rencontres d’une relation amoureuse. Toutefois, on doit rester conscient de l’amoralité du mensonge. Sinon, quand il devient naturel, il pourrait engendrer des répercussions graves inattendues. Dans ce contexte, les statistiques montrent que les femmes mentent plus que les hommes surtout sur des sujets comme la vie en couple, la contraception ou encore la grossesse, ce qui provoque généralement la rupture et dans certains cas le divorce.

Le mensonge pourrait devenir anormal s’il est transformé en mythomanie. D’ailleurs, cette propension inconsciente reflète un déséquilibre mental qui se transforme dans certains cas psychotique.

Causes de la mythomanie :

Cette pathologie pourrait être, selon les études, une conséquence inévitable si la personne a été sujette à un choc émotionnel, à un échec professionnel ou n’importe quel autre événement triste dépassant la limite de la force morale du sujet. Ce genre de situations est suivi généralement par une fuite du sujet de la réalité qui lui fait souffrir et donc la tentative d’inventer un nouveau monde plus serein même s’il est fait de mensonges.

Formes de la mythomanie :

La mythomanie peut se manifester de différentes manières :

  • La vaniteuse : la personne a tendance de se vanter en présentant des atouts qui n’est pas les siens ou en exagérant ses propres qualités. Le débile vaniteux peut raconter également des fabulations dont il est l’héros.
  • La maligne : cette forme est malicieuse du fait que le sujet a enclin à la destruction des autres afin de compenser un complexe d’infériorité.
  • La perverse : ce type de mytho pathologie est dangereux du fait qu’il a pour objectif la fraude et l’escroquerie pour satisfaire un besoin cupide ou passionnel.
  • L’errante : le malade a besoin seulement de fuir de la réalité pour diminuer sa souffrance morale causée par son existence dans le monde réel.

Quel Traitement ?

Puisque le mythomane n’est pas conscient de son trouble psychique, les gens de son entourage (proches, amis,..) sont responsables de le convaincre de consulter un psychiatre ou psychologue. En plus, ils doivent aider le médecin à découvrir la forme de mythomanie. Dans ce cas, le psychiatre pourrait retrouver les causes des fabulations dans l’inconscient du sujet et par suite favoriser la guérison.

 

 

Mensonge

Le rôle du mensonge

Anne Gatecel est psychologue et psychanalyste, et auteur de L’imaginaire (éd. Bayard).

Pour un enfant, est-ce ou non grave de mentir ?

Anne Gatecel : Le problème, c’est qu’il y a plusieurs niveaux de mensonges. Pour le commun des enfants, et des adultes, c’est normal de mentir un peu, de s’arranger avec la vérité : "Qui a mangé le gâteau ? Ce n’est pas moi !". On a transgressé la règle, on le sait mais on tente le coup pour échapper à la punition. C’est un petit arrangement avec la loi.

Mais quand on ment du matin au soir et surtout, quand on croit à ses mensonges avec une conviction délirante, là on est dans le domaine de la psychopathologie : "Je m’arrange avec la loi ; la loi, c’est moi et je n’obéis qu’à moi !".

Le mensonge et l’affabulation, est-ce la même chose ?

A. G. : Affabuler, c’est quand un enfant invente de toute pièce une histoire mais qu’il sait que ce n’est pas la réalité. Il s’invente un autre monde, comme cette petite fille qui me raconte qu’elle habite dans une ferme alors qu’elle vit dans un appartement à Paris. Par contre, un enfant va mentir sur un fait : il va dissimuler qu’il a piqué 2 euros dans le porte-monnaie de sa maman, parce qu’il sait que c’est un acte répréhensible. Il faut déjà avoir la notion du bien et du mal pour mentir.

Pourquoi les enfants mentent-ils ?

A. G. : Un enfant ne ment pas par nature, il y a toujours quelque chose derrière. Il peut mentir pour éviter une situation d’échec : il sait qu’il va se faire disputer s’il a une mauvaise appréciation sur son carnet de correspondance ; alors il dissimule le carnet en imitant la signature de sa mère. Mais il faut aussi chercher si le mensonge ne vient pas pointer du doigt un certain dysfonctionnement dans la famille ; ici l’enfant ment pour exprimer son malaise.

Qu’est-ce qui peut se cacher derrière les mensonges d’un enfant ?

A. G. : Quand un enfant va bien, le mensonge est un moyen de s’affirmer, de se construire en dehors de ses parents. Mais en consultation, on se rend parfois compte qu’il y a autre chose derrière les mensonges.

Si un enfant cherche délibérément à détourner la loi, il est déjà du côté de la perversion et cela peut avoir des conséquences négatives sur son évolution et sur son comportement plus tard. Dans d’autres cas, le mensonge d’un enfant n’est que le révélateur de secrets de famille, et il est important de dénouer avec l’enfant et sa famille la situation.

Les enfants se sentent-ils toujours coupables de mentir ?

A. G. : Bien sûr que les enfants se sentent coupables, c’est pour cela qu’ils mentent. Certains donnent d’ailleurs des indices pour être découverts, pour avoir la conscience tranquille. C’est bien pour cette raison qu’en général, ce n’est pas grave de mentir.


ActualitésArchives

2009-11-25 Accréditation Félicitations 2008-11-14 Réunion Couples Paris 2008-09-16 2010: année heureuse et en pleine de santé! 2008-09-14 Accréditation Félicitations

. On signalera, en particulier, la présence de tableaux très pratiques et didactiques résumant les données de la recherche.

Référence :

Biland, C. (2004). Psychologie du menteur. Paris : Odile Jacob.

Vrij, A. (2008). Detecting lies and deceit : Pitfalls and opportunities. Chichester : John Wiley & Sons.

A lire sur PsychoTémoins :

Rubrique Mensonge et détection du mensonge

Dans la même rubrique :

 

Par SANKARA - Publié dans : Société - Communauté : SANS DROITS ET SANS VOIX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 23:13

Une fois encore, la même expression est en leitmotiv dans les médias au sujet – non des bombardements de Gaza comme a écrit Jean – Claude Guillebaud (43)* mais celui de « viol ».

 

« L’accusé nie le viol » - Cette mélodie est très connue de tous et par tout le monde. Or cette manière de raisonner paraît non seulement fausse mais pernicieuse. Pour une raison très simple : elle équivaut à désigner l’inusable cliché qui s’en tient dangereusement au seul registre de l’émotion.

 

On comprend bien, poursuit Guillebaud, pourquoi ledit fantôme fait l’affaire des médias. Il donne un visage qu’on peut évoquer sans relâche dans les bulletins d’informations, les éditos rédigés à la hâte et les commentaires avantageux.

 

Dans toutes les affaires dites de « viol », l’émotion exerce des effets désastreux. Son usage revient à effacer purement et simplement la vérité et la justice.

 

Il est bien normal, enchaîne Guillebaud, de manifester son émotion, légitime de dénoncer l’inaction des uns et des autres devant un désastre, un cas de viol ou de pédophilie, mais à condition de regarder en face la réalité, ou plutôt le « trou » étrange qui l’habite.

 

En octobre 1984, le juge chargé de l’enquête sur le meurtre du petit Grégory Villemin – juge Jean-Michel Lambert – a été reproché d’avoir perdu pied et de s’être laissé influencer par certaines parties et certains médias.

 

Ce qui risque d’être le cas avec cette affaire. Ingrid est une femme – séparée d’un juge – qui n’est pas encore divorcée au moment de ce procès, ce qui me fait dire que c’est un procès qui donne à penser même si la justice prétend toujours travailler en toute indépendance.

 

Le statut de cette femme a lésé l’enquête et le procès. Mais Bola n’a aucun pouvoir à s’opposer à la « sainte » justice française car nous sommes dans un système où « la justice est contrôlée et n’est accessible qu’aux mieux lotis. Ce n’est pas une justice libre, ni indépendante, ni accessible à tous. Elle doit faire aussi du chiffre 44. »

 

---------------

43. « Ecoutez Voir » - le retour du fantôme – par Jean Claude Guillebaud in Télé

44. Ciné Obs – N° 2308 du 29 janvier au 04 février 2009, page 50

 

 

 

 

On rigidifie la justice pénale pour produire de la sanction ; on ne se donne plus de temps pour transformer la personne ; pis, on revient au temps des maisons de correction. Plus grave encore, analyse Jean Pierre ROSENCZVEIG*, à terme, on juge à l’apprenti sorcier au nom de la mobilisation de la société civile.  Or, la répression, nécessaire pour marquer des limites dans une démocratie, ne saurait constituer une politique.

 

Dans cette affaire, cette justice n’a rien mis en œuvre pour la manifestation de la vérité. Cette femme qui veut divorcer, est restée quasiment un mois avec un homme malade mental juste avant de rencontrer Bola pour l’aventure sexuelle qui s’est traduite aujourd’hui en viol. Et le rapport psychologique souligne la dépression faite par cette femme à cause de sa séparation. Manifestement, cette femme était entrée dans la phase de vengeance contre les hommes. Elle a mis à la porte son amant malade mental. Mais la justice a expressément ou non oublié ces aspects ? Et la manière dont le juge d’instruction a mené la confrontation prouve cette volonté de condamner ce garçon.

 

Les charges ne reposent que sur la parole sacrée de Mme Ingrid Durant que sur des preuves en bonne et due forme. Comme à chaque fois, les preuves irréfutables sont très minces pour condamner Bola de « viol ».

 

L’accusation repose aussi sur des fausses allégations des témoins dont deux femmes qui ont eu des aventures sexuelles avec Bola et une a discuté seulement via Internet avec ce garçon. Elles sont témoins de quoi ? Et une question mérite d’être évoquée ici : ces témoins n’ont pas subi des pressions policières ? L’avenir nous le dira mais ça sera trop tard.

 

Cette affaire soulève des doutes qui devraient amener la justice à la sagesse et ce processus a mis à mal la présomption d’innocence par l’orientation donnée à ce dossier.   Plusieurs thèses ne montrent pas que cette affaire a été montée de toutes pièces pour accrocher Bola et défendre « l’honneur » de l’ex-femme du Juge ?

 

*Président du Tribunal Pour Enfants de Bobigny et de Défense des Enfants Internationales – France.-

Bola n’est pas un garçon incapable d’accepter le refus, ni intolérant à la frustration. Il sait supporter toute autorité depuis son enfance. D’ailleurs, son chef de secteur où il travaille, est une femme qui a même un niveau d’études très inférieur à Bola.

 

Les intentions de Bola et d’Ingrid ne se divergeaient pas. La preuve, cette femme n’a jamais dit ouvertement « Non » à ce garçon. Et elle n’a jamais été forcée pour être léchée ni pour sucer le sexe de Bola. Le désir premier de ce garçon n’est pas la satisfaction immédiate de sa pulsion, qu’elle soit sexuelle ou non.

 

« Je n’ai pas d’aveu à faire et je réaffirme que la plaignante – ex-femme d’un juge du 17, a été consentante » martèle Bola. Mais comment condamné quelqu’un parce qu’il y a eu l’absence d’aveux ? L’accusatrice, les experts, la presse, la justice et la police sont déterminants. Or, la thèse de l’accusation ne peut pas être renforcée par des dépositions mensongères.

 

Ce garçon a dû faire face à des séquelles comme : « Perte de confiance, honte, humiliation, insomnies, la peur d’aborder une femme blanche et de recevoir des gens chez lui… ». Il ne s’empêtre pas dans des déclarations mensongères. Et il n’est pas un homme qui réduit les femmes à l’état « d’objets orgasmiques ».

 

Ce dossier comporte beaucoup d’incohérences mais la justice persiste dans l’erreur comme d’habitude :

-         Détail psychologique rend improbable la thèse de « viol »,

-         Le mobile de « viol » ne tient pas.

 

Il y a aussi des pistes négligées par la justice :

-         la relation de cette femme d’avec son amant malade mental,

-         son envie de divorcer,

-         sa dépression.

 

Comment et pourquoi cette justice ferme-t-elle les yeux sur ces pistes et ces incohérences ?

Les éléments des faits qui interdisent la condamnation pour viol ne sont pas pris en compte dans cette affaire. La police, les experts apportent une solution toute faite à la justice pour condamner cet innocent. Et la parole de n’importe qui, en faveur de cette femme, est considérée dans ce processus. Ingrid a le soutien unanime de la justice, de la police, des experts et de ces « témoins ».

 

Cette accusation me fait penser à l’affaire BOUTBOUL : personnage riche à la malignité avec une ruse et une intelligente incroyable pour bien rouler la justice.

 

Je pense aussi à la jeune fille*(45) qui déclara avoir été victime dans le RER D d’une agression antisémite et surtout à l’emballement médiatico-politique que suscita ce mensonge.

 

Le matin du vendredi 09 juillet, dans le RER D, entre la station Louvre et Garges -Sarcelles, cette jeune femme Marie - Léonie Leblanc vient de porter plainte au commissariat d’Aubervilliers.

 

Elle porte des traces d’entailles sur le visage, le cou et les mains. Ses vêtements et landau de son bébé ont été lacérés et ses cheveux, coupés.

 

Ses agresseurs, qu’elle décrit comme étant quatre Maghrébins et deux Noirs armés de couteaux, lui ont tatoué des croix gammées sur le ventre. Acte raciste donc. C’est en tout cas ce qu’affirme la première dépêche AFP, en date du samedi 10 juillet à 19h45. Deux heures plus tard, Dominique de Villepin, alors ministre de l’Intérieur, confirme cette interprétation par un communiqué condamnant « avec la plus grande fermeté » cette « agression ignoble ». Donne-t-il le feu vert ? A un quart d’heure d’intervalle, Jacques Chirac s’est exprimé : «  J’apprends avec effroi l’agression à caractère antisémite dont ont été victimes une jeune femme et son enfant en région parisienne dans la journée du vendredi », écrit-il dans une dépêche en provenance de l’Elysée. Et le 12 juillet à midi, Jean Pierre Raffarin, alors Premier Ministre, appelle au «  courage citoyen ».

 

Le lendemain et le surlendemain, c’est un tollé général. Les partis politiques condamnent unanimement ce nouvel acte antisémite. Sociologues et psychologues s’indignent de l’individualisme forcené de citoyens capables de laisser violenter sous leurs yeux des victimes sans réagir.

 

La machine s’emballe avec une telle intensité qu’elle ne laisse pas de place au doute.

 

Mensonge ! Marie - Léonie Leblanc passe aux aveux. Elle a tout mis en scène pour, dira son avocate, « attirer l’attention de ses proches sur elle ». Le 26 juillet, le tribunal correctionnel de Cergy - Pontoise la condamne à quatre mois de prison avec sursis pour « dénonciation de délit imaginaire ». Cet été-là, la classe politique et les médias ont la gueule de bois.

 

Les politiques, la justice, les médias, la police, les experts se font toujours prendre au piège de leur stratégie de la compassion permanente par des « mythomanes ». Et ils n’ont jamais compris que notre société est obsédée par ses victimes.

 

Ingrid est une femme à aisance naturelle qui a séduit Bola et prête à tout faire pour « attirer l’attention de son ex-mari le juge sur sa condition actuelle  et pour accepter son divorce».

 

Ingrid est une fille qui s’est construite à côté d’elle-même, qui s’est toujours laissé faire, très protégée et très adorée par son mari le juge. Elle paraît être une personne qui vivait avec un entourage tel qu’elle ne parvient pas à être vraiment ce qu’elle est.

 

Elle vit dans une bulle, tout était simple avec son mari le juge. La bulle explose, le divorce, donc elle invente un mensonge pour dire : «  venez vous occuper de moi. Vous avez des problèmes mais les miens sont pires. »

 

Beaucoup de gens, dans la vie, enjolivent la réalité. A la base, son histoire n’était pas si grave, elle n’a pas mesuré les conséquences de son geste.

 

 

---------------------------

45.  Marie-Elisabeth Rouchy, le nouvel observateur, du 12 – 18 mars 2009, page 129 - 132

 

 

Elle a toujours crû à son rôle d’accusatrice. Et cette accusation devient un élément déclencheur pour que son ex-mari le juge puisse accepter le divorce.

 

Si on replaçait cette affaire dans son contexte, on verrait bien le mobile de cette accusation. Il est sans doute la vengeance des hommes dont ce garçon est victime.

 

« Je ne veux pas de situation atténuante dit Bola. Et je ne nie rien seulement je clame mon innocence ».

 

Pour ce garçon, il n y a rien à nier parce qu’il n y a pas eu viol donc il continue à clamer son innocence. Et ce procès montre le caractère systématique et volontaire. Il y a beaucoup de zones d’ombre dans cette affaire.

 

Est ce que ce garçon devrait attendre d’aller dans sa chambre pour soi-disant « violer » cette femme ? Celle qui a déclaré à Bola : « Tu es entré dans ma vie comme le Père de mes enfants. » Cette déclaration a été faite bien avant même le rapport sexuel. Bola lui a demandé comment suis je entré dans ta vie ? Elle répondit « Tout homme qui couche avec moi est entré dans ma vie ».

 

Quand elle disait ces mots à Bola, ils étaient au salon et bien avant le rapport sexuel qui, en ce moment là n’était même pas envisagé. Bola pouvait bien la « violer » au salon…

 

Cette ex femme du juge a mis en scène ce viol et a amené la justice dans son bateau. Car Bola n’était pas montré possessif ni violent à l’égard d’elle et il n y avait pas de comportement violent qui devrait prouver la force et le soi-disant viol. Elle présente des certificats médicaux pour montrer à la justice de la Rochelle, « la violence ». Nous savons qu’il y a des certificats de complaisance qui font perdre même beaucoup d’argent à la sécurité sociale.

 

Aussitôt après sa séparation, cette femme a une vision de soi fragile même négative, elle n’a que superficiellement confiance en elle. Dès que sa vie de célibataire s’éternisait, le manque d’homme sérieux dans sa vie survenait, et elle a perdu l’estime de soi. Cet échec sentimental a fait surgir des doutes et des complexes en elle. Sa situation de séparation l’a plongée dans de doutes permanents sur sa capacité à trouver un autre homme dans sa vie. Avoir confiance en soi représente une dimension fondamentale de la personnalité.

 

Aujourd’hui, Bola a « la tête d’un demi de mêlée qui a pris des coups, trop, pas toujours mérités ». Il ne veut pas que sa liberté soit confisquer comme a été le cas de Marc Machin, condamné pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, une mère de famille assassinée en décembre 2001 au pont de Neuilly , qu’il n’a pas commis.

 

La justice, comme d’habitude, se campe toujours sur ses fausses certitudes. Et surtout que c’est une femme qui accuse, une ex-femme d’un juge du département aussi.

 

Ce garçon hurle toujours son innocence et il demande qu’on le passe à un hypnothérapeute assermenté par la justice et au détecteur de mensonges, au sérum de vérité pour montrer à la justice son innocence.

 

Bola s’enfonce au jour le jour et  pense toujours à avaler des médicaments pour se suicider. Mais cet africain se réfugie dans la foi et a le soutien de toute sa famille.

 

Malheureusement, nous sommes dans une société Néo - Puretain où qui veut faire l’ange fait la bête. Et où la crise peut basculer ce genre d’accusation. L’inconvénient majeur, cette situation suscite de vocation : « fausses allégations » !

 

De l’autre côté, la justice permet aux innocents de développer une haine de manière incontrôlée dans la société. Car la vérité historique de cette affaire et différente de la vérité judiciaire.

 

Bola est aujourd’hui en rage contre « un système qui maltraite les petits, les étrangers, les ouvriers, et privilégie les gens haut placés ». Ce garçon veut s’éloigner de cette détresse, pleurer son innocence et sa violence. Il veut fonder sa famille : mariage, une femme, des enfants, une voiture…

 

Par SANKARA - Publié dans : Médias et Politique - Communauté : SANS DROITS ET SANS VOIX
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus